mardi 14 avril 2009

Mathieu,

Je n'ai pas encore trouvé le moyen de te répondre, mais sur mon visage il y a encore quelques gouttes d'eau qui glissent.
J'aimerais ne pas être moi, et ne pas devenir quelqu'un que je sais trop fuyant (un peu comme toi), trop calme, enfin trop repliée sur moi-même. J'espère vraiment que ça s'arrangera, avec le temps, et peut-être (comme tu me l'as écris) en vivant démesurément.
Je ne sais pas si se forger une carapace blindée signifie être inintelligent, parce que je pense que se préserver est une nécessité. Juste que ne pas en saisir la limite (puisqu'il y a des limites à tout) c'est mettre un pied dans la solitude. Ce n'est pas être inintelligent, c'est avoir une attitude stupide, et somme toute un peu désespérée.
Alors moi, comme tout le monde j'aimerais casser ma carapace, lui donner quelques coups de marteau, et pourquoi pas un bon gros coup de bazooka dans la gueule, mais c'est pas comme ça que ça marche, hein ?!

Je crois n'avoir pas les mêmes centres d'intérêts que la plupart des jeunes de mon âge (ayé, encore l'impression d'avoir 15 ans). Je n'aime pas sortir en boîte, je n'aime pas danser, je n'aime pas particulièrement me bourrer la gueule et vomir vers 4-5h du mat', et je n'aime pas voir des gens dans cet état là. Alors est-ce que je suis coincée ? Est-ce que je ne vis pas ?
Je suis quelqu'un de solitaire à la base, j'ai été élevée comme ça, surtout quand tu es parti de la maison. Ce n'était pas un choix, c'était une nécessité ! Bien sûr j'avais des amis, mais je ne leur disais rien. La preuve même Dodo a été surprise quand les parents ont divorcé.
Le plus difficile c'est ça. Gagner la confiance de quelqu'un, je veux dire... assez de confiance pour pouvoir presque tout lui raconter, sans qu'elle soit géné, et qu'elle en ai quelque chose à foutre. Et j'ai toujours l'impression de géner.

Alors tu as raison : être attentif aux autres dans cette famille, ce n'est pas ce qu'on fait de mieux ; et être attentif à soi encore moins.

Pour aujourd'hui c'est tout ce que j'ai à dire, il y a trop de trucs à penser, et là je dois me consacrer à mes concours. On en rediscutera, en face cette fois.

Ta soeurette qui t'aime

dimanche 12 avril 2009

De tout mon corps

En fait je passais par là, et tout était en désordre. Un bordel de questions, d’images, de souvenirs, comme si je n’y avais pas touché depuis des mois. Comme si je n’avais pas réfléchi ; comme si j’avais laissé s’entasser toutes ces choses si précieuses pour n’avoir pas même pu les toucher.
Parfois je me laisse me noyer dans tout ça, jusqu’à en avoir les yeux au milieu de nulle part, et puis un tambour à la place du cœur.
Mais ce soir c’est un peu différent. J’ai l’impression d’avoir fait un voyage immense, d’avoir parcouru des kilomètres de vie sans en avoir retenu un sens précis. Jusqu’à aujourd’hui. Je dis aujourd’hui mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas.

Ou peut-être que…



Ce soir dans mes yeux à moi il n’y a plus de tristesse, et mes bras se referment sur mon oreiller. Il sent ton amour, il sent ton parfum que tu mettais avant, et qui me met dans tous mes états à chaque fois. Ca tu ne le sais pas vraiment… Que rien qu’en sentant ce bout de tissu j’ai envie de t’embrasser de tout mon corps. Qu’à chaque fois le tambour sur mon cœur n’en fini pas de battre encore plus vite, encore et encore plus vite, encore et encore… jusqu'à ce que ta fragrance s'évapore et que je m'apperçoive que tu n'es pas là.

Ce soir dans mes yeux à moi il n’y a plus de tristesse. Quand on est triste c’est qu’on a oublié. Moi je n’oublis rien, et surtout pas toi. Pas aujourd’hui. Je dis aujourd’hui mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas.

Ou peut-être parce qu’aujourd’hui est un jour comme un autre, et que c’est une raison suffisante pour être vivant, et pour aimer.