lundi 19 décembre 2011

It's a motherfucker


J’ai souvent l’impression que les choses m’échappent, à vouloir en faire trop parfois je ne fais rien. J’ai souvent l’impression d’être en dehors du monde, pas vraiment dans une bulle mais pas vraiment sur terre non plus. Quelque part entre les deux, un peu perdue sans avoir vraiment envie qu’on me trouve. Je flotte.

C’est une année de transition pour moi. Je dois terminer les cours, terminer mon mémoire, terminer mon stage, en trouver un autre, avoir mon diplôme, trouver un job à Paris ou bien trouver le moyen de partir de Paris pour aller n’importe où mais surtout pas retourner en arrière c’est à dire chez mes parents… Je suis en suspension, partagée entre l’envie de voler de mes propres ailes et travailler, et le besoin de rêver encore un peu. Si ça ne tenait qu’à moi je suivrais probablement mes rêves et je prendrais une année « sabatique » en allant à New York ou à Vancouver. Probablement New York. Mais ça ne tient pas qu’à moi, ça tient surtout à un fil imaginaire et et pas vraiment palpable.

Du coup je vis un peu dans le regret, de n’avoir pas eu le courage de partir quand j’aurais pû, c’est à dire il y a 4 ans, au lieu de bosser comme télévendeuse et d’avoir vécue une vie année pourrie. Je vis dans le regret parce que j’ai 24 ans, que je suis sur le point de finir mes études, que mes parents ne pourront plus me supporter financièrement au delà (j’ai déjà de la chance qu’ils l’aient fait jusque là), et que je ne suis jamais partie vivre à l’étranger. Et faut pas se voiler la face hein, combien de gens veulent changer de vie vers 30, 40 ou 50 ans et ne le font pas ? Ma mère a été jusqu’en Grèce en faisant du stop et est partie vivre un temps à Londres, mon père a voyagé autour du monde avec son boulot, ma tante est partie vivre à Londres puis au Canada, mon frère a passé un an au Chili et presque deux ans en Allemagne…

Je suis comme une petite fille, impatiente sur son siège, impatiente de sortir de la voiture pour aller voir le paysage autour.

Je me lasse vite, de la disposition des meubles dans ma boîte à morue, des gens, de Paris… je me pose beaucoup (trop) de questions. Est-ce que je suis faite pour travailler pour les autres ? Est-ce que je serais pas mieux à faire mes projets toute seule où avec mon équipe ? Si je fais ça, comment je vais payer mon loyer ? Si je travaille en même temps, comment je vais trouver du temps pour faire mes projets ? Est-ce que je serais inspirée ?

Bon allé j’avoue, j’ai un peu perdu toute motivation. Y a peu de choses qui sont cool en ce moment, alors le seul moyen d’avancer c’est de faire des projets et de rêver un peu. Mais là du coup on revient à ce fil imaginaire, cette suspension infinie qui me met les nerfs en pelote quand j’y pense.

Du coup j’essaye de penser à ce qui pourrait me rendre la vie un peu plus facile et joyeuse en 2012, parce que faut l’avouer : 2011 c’était un peu une année de merde (oui, même si j’ai réalisé mon court métrage et que j’ai trouvé un stage de 4 mois à la FOX).

Et c’est là que certaines de mes résolutions deviennent des besoins vitaux : aller chez le psy, trouver ce qui cloche avec mes os, m’inscrire dans un club de tir et/ou de tir à l’arc, prendre des vacances, et trouver un autre moyen que la bouffe pour faire passer mes frustrations, mon stress, ma colère et mes emmerdes (cf. club de tir, par exemple).

Aussi, je voudrais pouvoir être malheureuse et faire la gueule de temps en temps sans qu’on me demande ce qui se passe. Je voudrais avoir le droit de me taire, de ne pas devoir à me justifier quand le sujet ne concerne personne d’autre que moi.
Le psy. Parce que j’en ai besoin, c'est tout.
Je voudrais que mon père me prenne dans ses bras comme si j’étais la chose la plus précieuse au monde. Me sentir la chose la plus précieuse au monde.
Je voudrais que mon père m’encourage au lieu de me mettre (inconsciemment) la pression.
Je voudrais que mon frère ne soit pas un étranger.
Je voudrais que ma mère vive plus pour elle, et un peu moins à travers nous.
Je voudrais que l’argent ne soit pas un problème.
Je voudrais qu’on arrête de me dire « t’as grossi », « t’as maigri », « t’as l’air fatiguée »…
Je voudrais ne pas donner de nouvelles pendant deux semaines si ça me chante, sans qu’on s’inquiète.
Je voudrais arriver à dire à certaines personnes que quand toi tu rassembles ton courage pour te confier ce n’est pas pour qu’elles se plaignent derrière. Que l’écoute ne va pas que dans un sens. Et que si c’est le cas, faut pas se plaindre que je ne parle pas.
Je voudrais pouvoir m'écrouler de fatigue.
Je voudrais être un peu moins distraite. Mais je voudrais avoir le droit d’être distraite.
Je voudrais être amoureuse.


Voilà donc avec tout ça là, avec tout ça je pourrais passer une année un peu sereine !!

1 névroses:

Emilie a dit…

"Est-ce que je suis faite pour travailler pour les autres ? Est-ce que je serais pas mieux à faire mes projets toute seule où avec mon équipe ? Si je fais ça, comment je vais payer mon loyer ? Si je travaille en même temps, comment je vais trouver du temps pour faire mes projets ? Est-ce que je serais inspirée ?"

Cette partie-là m'interpelle car je suis exactement passée par là à la fin de mes études. Je me suis demandée s'il ne fallait pas que je profite de l'énergie et la motivation de ma "jeunesse" pour me lancer seule plutôt que de m'emmerder à travailler pour les autres. Finalement je n'ai pas eu assez d'assurance pour le faire à l'époque et je le regrette un peu aujourd'hui. Le problème, c'est qu'une fois qu'on travaille "pour les autres", qu'on a organisé sa vie en fonction de son boulot et de sa situation géographique, il est plus difficile de suivre ses aspirations et de prendre le risque de tout plaquer pour faire ce qu'on a réellement envie de faire.

Pour ce qui est de partir à l'étranger, je te conseille vraiment de le faire. Même si ce n'est pas forcément à NYC ou à Vancouver. Même si c'est du provisoire. Même si c'est pour un job pas nécessairement dans ta branche (enfin si ça l'est, c'est mieux hein !). Je n'irais pas jusqu'à dire que ça change la vie, mais même sans aller nécessairement très loin, l'expérience de vivre "ailleurs" est la plus enrichissante qui soit ! Et c'est plus facile de partir quand on n'a pas encore trop de contraintes familiales ou professionnelles.

Quoi qu'il en soit, même si tu traverses une période un peu trouble (et je t'assure que je l'ai traversée aussi, c'est un peu le passage obligé à ce moment charnière en termes d'âge et d'études), je suis sûre que tu sauras trouver ce qu'il te faut. Si les impératifs financiers sont évidemment à prendre en compte, l'essentiel est de te concentrer sur ce que tu veux et ce dont tu as besoin ! Et je trouve que le fait que tu te poses les bonnes questions maintenant est déjà une première étape de franchie.