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mardi 9 avril 2013

Never ending story

I've always loved books. Always.
But for a while now, I was convinced that I would never find the perfect book. There were days I  thought it didn't even exist. And some other days, I sat at my desk and began to write.
Those days were full of hopes, but also questions. I was short talent and patience to write a book, not to mention "the" perfect book. And I didn't know why I cared so much because stories were everywhere, I was surrounded by them... And I could always find comfort in my dreams. So I began to think that the only frontier between exceptional and perfection was control. Books could be pretty exceptional and beautifully written yes, but in my dreams, stories were always better because I had no control over them.

When you write, you have to control your story, because if you don't, nobody will understand, and your characters will be completely drown under your words. And you don't want that to happen, you want your story to be perfect...
But books... they stand between your life and your dreams, between reality and inconscience. You can never be aware of your perfection, unless you're writing while sleeping, but that's impossible. That itself is a never ending story.

The thing is : books are disapointing, more often than sometimes.
So yes, maybe books are not perfect, but words are. You can paint images with words, sometimes better than most artists can with a pen and ink. And even if you can't exactly describe feelings the way you experience them, you still can try.

From this moment, I asked myself one question : why do I write stories ? Why do I love writing ?
And I began to think that writing - telling stories - was not about perfection, that I had to let go of this idea that perfect was what it was all about. In reality, it was about connection. It was about relationships and, more often than sometimes, about love.

Writing was easy for me, well not easy but natural at least. Writing was nice, but what was not easy at all was to sit at my desk to write. Because writing was not about perfection and control anymore, it implied to let go ; and the biggest fear of my life was the idea that I would never be able to find love.
See, love was an ideal concept for me, something to achieve in order to be happy. Love, like stories, was everywhere in pictures, movies, books, other people's lives... but not in mine. So I tried to convince myself that love didn't exist, because love had to be perfect. At least true love.

But what I failed to notice at the time was that love was also about letting go...

And to this day, this is the never ending story number one in my life.


mardi 2 avril 2013

Cher "anonyme",

je comprends ta volonté de garder l'anonymat, je l'ai moi aussi souhaité il y a quelques années, n'étant pas sûre de qui j'étais, et pas tellement sûre non plus de comment les autres m'accueilleraient s'ils le savaient. Nous avons donc quelque chose en commun, c'est déjà ça.

Cher anonyme, tu m'as parlé de beaucoup de choses, aussi vais-je m'efforcer de tout aborder ouvertement, en essayant de ne rien oublier - pardonne-moi si c'est le cas, je suis assez distraite quelques fois.

Cher anonyme, avant toute chose, j'ai d'abord une question à te poser : en quoi suis-je condescendante ? Je n'ai pas l'impression d'être supérieure, ni d'être bienveillante, d'ailleurs. Je sais bien qu'il y a des nuances à effectuer, et que tout le monde n'est pas homophobe. 
Cher anonyme, quand tu me dis "Quand tu insinues que l'opposant à la loi est fasciste, je trouve que c'est une insulte à tous ceux qui l'ont vécu (le vrai).", il me semble qu'avant d'écrire tu devrais discerner la définition de la référence historique. Ensuite je n'ai parlé que de certains points qui évoquent le fascisme - j'ai volontairement évité de parler de sa connotation au rejet des institutions démocratiques et libérales et de l'inspiration au nazisme - car ça n'a pas sa place ici. De plus, je suis loin de dire que tous les opposants à la loi sont fascistes ; en revanche, je ré-affirme que certains propos qui sont tenus sont borderline sur la définition que je fais du fascisme, oui - cela dit, je te laisse consulter le dictionnaire, c'est un ouvrage très intéressant.
Cher anonyme, je souhaite également éclaircir un point : j'assume volontiers mon petit côté injurieux, j'en suis même assez fière. Ça me soulage d'écrire "connard", et puis, au vu de tous les propos - beaucoup plus injurieux - que l'on s'est gentiment pris dans les dents ces derniers temps, je suppose que j'ai le droit d'écrire ce que je pense, en prenant un peu moins de pincettes que d'habitude. Oui, j'estime que j'ai au moins ce droit là.

Cher anonyme, je ne suis pas surprise que tu sois assez mitigé quant au contenu de ma précédente lettre. Tu sais, je ne prétends pas parler au nom de la communauté gay et lesbienne toute entière puisque je suis, comme on dit, hors milieu. Je parle pour moi, simplement, et pas au nom d'une "passion" autour de ce débat.

Tu sais, ça ne me plait pas tellement de devoir revendiquer mon orientation sexuelle pour justifier mon droit à l'égalité. J'aurais préféré rester dans mon petit coin, à pencher sur l'écriture de mon nouveau scénar' plutôt que de prêter mes mots à un dialogue que je sais d'avance vain : celui de répondre à tes frustrations et questionnements, et à ton ignorance et tes jugements conservateurs bourrés de préjugés. Mais voilà, il se trouve que ça me soulage d'écrire tout ça. Je ventile. Je ne peux pas faire autrement qu'écrire sur ce sujet, car à chaque fois que j'entends des phrases du type "si on détruit la famille, il n'y a plus de repères, il n'y a plus rien", c'est un petit bout de moi dont on s'empare. J'écris pour essayer de recoller les morceaux.

Cher anonyme, tu dis que Frigide Barjot fait parti des extrémistes. Je ne suis pas d'accord. Pour moi, les extrémistes/intégristes sont des gens de chez Alliance Vita et Civitas - pour ne citer qu'eux - ; et Frigide Barjot fait parti - puisqu'il faut mettre les gens dans des cases - de ces gens condescendants justement, qui disent qu'il n'ont rien contre les homos, mais que le mariage c'est entre un homme et une femme, et qu'on ne ment pas aux enfants. La contradiction même.

Cher anonyme, tu dis que la France va mal, et je suis d'accord, même si je trouve que ça veut à la fois tout et ne rien dire, que c'est un terme général qu'on emploie depuis des années. Bref.
La France va mal, mais la France est avant tout un pays avec une diversité culturelle, sociale, politique, économique, sexuelle... Un pays n'est pas représenté que par une majorité. Si c'était le cas, combien de lois/décrets/réformes le gouvernement ne ferait pas passer ? Si c'était le cas, il n'y aurait pas de réforme concernant l'éducation par exemple, puisque les enfants sont moins nombreux que les adultes... C'est ridicule comme système de pensée, et pour reprendre tes mots : "primaire et réducteur". 

De la même façon, cher anonyme, tu me sors l'argument du "il y a 0,6% de la population française qui est gay, donc pourquoi céder à leur caprice et leur accorder le mariage ?". Un caprice étant un désir irréfléchi et passager, je pense qu'on va mettre les choses au clair en assurant qu'ici, ce n'est pas le cas. Pour ce qui est de ton pourcentage sorti de je ne sais où, et qui veut tout bonnement dire qu'on ne devrait pas céder à la volonté d'une minorité... je vais me permettre une comparaison moyenne : il y a eu 15 757 violences sexuelles en 2012* - 6372 viols et 9385 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles -, c'est beaucoup moins que l'ensemble de la population française, il s'agit donc d'une minorité : doit-on céder à leur "caprice" et leur accorder justice ? Un autre exemple, orienté autrement puisque tu insistes : le mariage mixte n'a été inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme qu'en 1948**. Avant cela, si on remonte à 1778, les mariages mixtes étaient interdis en France - par le Code Noir dans les colonies, et par les lois anti juives sous le régime de Vichy***. Aujourd'hui il y a 27% de mariages mixtes et la civilisation française n'est pas perdue. La configuration est la même : avant c'était une angoisse, une peur du métissage et des législations racistes, aujourd'hui c'est le rejet de l'homosexualité - car étant contre-nature -, et donc l'exclusion des familles homoparentales.
"C'est pas un mouvement contre eux, c'est un mouvement pour la famille."
"On est 68 millions de français, c'est pas 100 000 personnes qui peuvent imposer, et que le gouvernement veuille imposer une loi pour une petite partie de la population des électeurs..."
"Si ça touche 500 personnes, ça me semble un bouleversement national qui est sans commune mesure avec ce qui doit être fait."
==> Citations prises dans une vidéo de Territoire Inexploré : ICI

Dans cette vidéo, on retrouve plein d'autres bonnes choses - ironie -, cher anonyme, des choses dont toi aussi tu m'as parlé. Tu m'as dit : "Quand je vois le peuple français se déchirer et se lancer dans une mini-guérilla pour le mariage gay, alors qu'à côté ça va faire un an jour pour jour que je n'ai pas retrouvé de travail malgré mes nombreuses tentatives, et que je n'ai seulement 20 ans, que je galère à partir du 10 du mois pour manger, je déteste un peu plus la France." À ça je vais te répondre une chose : l'égalité est très importante dans notre société, au même titre que tout le reste. Et il n'y a pas de hiérarchisation à faire, sous prétexte que cette loi ne concerne qu'une minorité. Ce n'est pas moins un soucis majeur que le taux de chômage ou l'augmentation du prix de l'essence. Alors d'accord, ça ne changera peut-être pas ta vie, mais ça changera la mienne. Ce n'est pas de l'égoïsme, il faut s'occuper de tout le monde - dois-je encore rappeler qu'il y avait le même type de débat virulent quand il a été question du mariage mixte, également minoritaire à l'époque - comme c'est encore le cas aujourd'hui ? De plus, le peuple s'intéresse à ce "débat" via la médiatisation qui en est faite. Il ne faut pas avoir fait Math' Sup' pour savoir que les médias manipulent et montrent ce qu'ils veulent montrer, selon la politique de la chaîne pour laquelle ils travaillent. Si le peuple se "monte le bourrichon", c'est en partie à cause de ça. Mais pas que... car certes, on ne contrôle pas ce qu'il y a à la télévision, mais on peut choisir l'orientation de ces informations. Je n'ai pas la télévision chez moi, et je ne m'en porte pas plus mal. Et surtout, je pense par moi-même en pesant les faits, et les incidences que ça va avoir sur ma vie et celles des autres - dans ce cas précis : aucunes.
Et d'un autre côté, ce n'est pas parce qu'il te semble que les médias ne parlent pas d'autres choses - de l'augmentation du chômage chez les jeunes, pour suivre ton exemple -, que rien n'évolue de ce côté-là. Tout prend du temps, même la loi sur le mariage pour tous n'a pas été pondue en un jour !
"Les gens sont pas contents du gouvernement. Trop de chômage, pas de boulot... Les gens disent qu'il y a d'autres lois à faire en ce moment qu'une loi comme ça, alors qu'il y a d'autres problèmes en France."
Ahem. Le peuple français se compose de gens différents et, là encore au risque de te/vous surprendre, même parmi les homos il y a des gens pauvres et au chômage. Cela ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas se marier et avoir des enfants...

Cher anonyme, tu m'as parlé de religion également. Et tu n'es pas le seul :
"Là, en ce moment, le Parti Socialiste humilie tous les chrétiens. (...) C'est grave d'humilier un peuple, c'est très grave. (...) Faut pas avoir honte d'être français,. La France dans les colonies elle a fait plein de belles choses."
Bon ça tombe bien que j'aie déjà parlé du Code Noir dis donc... Pis ça tombe bien que tu me parles d'humiliation madame, parce que ça faisait des mois que j'avais ce mot-là sur le bout de la langue, et que je n'arrivais pas à le sortir. Merci.
Restent les arguments religieux, donc. Au risque de te décevoir, cher anonyme, je suis athée, c'est à dire que je ne crois pas en dieu. J'ai d'ailleurs beaucoup de difficultés à comprendre que l'on puisse dicter sa vie sur des principes religieux. Bref. Je ne vais donc pas te surprendre si je te dis que les arguments religieux sont, pour moi, amusants. Quand tu dis "(...) je vois fleurir sur des pages FB et autres Twitters, des passages de la bible tels que "aimez-vous les uns, les autres" et autre blabla religieux de la part des pour. L'air de dire "t'as vu, ton Dieu te dit m'aimer". Allez-y, citez aussi les passages qui condamnent fermement l'homosexualité, et vous comprendrez pourquoi ils obéissent à leurs Dieux.", ça n'a pas de saveur à mes yeux. Je suis assez terre-à-terre en ce qui concerne de la religion, je suis parfaitement en accord avec la théorie Darwinienne de l'évolution. Je n'ai pas besoin d'une instance supérieure pour savoir que je ne dois pas tuer quelqu'un, ni faire le bien... le vendredi je ne mange pas de poisson - je suis végétarienne... OH MON DIEU, UN CLICHÉ !! - , et le dimanche je préfère glander grassement dans mon lit plutôt que de me pointer à l'église pour la messe. Que veux-tu, je fais parti de ces gens qui pensent que le lit est le meilleur ami de l'homme - et pas seulement parce que je peux dormir dedans... mais je m'éloigne du sujet, pardon.
Croire ou ne pas croire en dieu est un choix. C'est un choix qui n'est pas partagé par tout le monde, et surtout, la France est un pays laïc. Les arguments religieux, lorsqu'ils sont trop radicaux, ne sont pas tellement recevables. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas être entendus, mais lorsqu'ils prêchent le rejet de l'autre, les entendre devient un peu plus difficile.
Les gens qui croient en dieu pensent qu'on les diabolise, qu'on les ridiculise ou je ne sais quoi encore, alors qu'en réalité c'est un débat qui n'a pas lieu d'être puisque c'est une loi sur du juridique. Il s'agit du mariage civil, pas du mariage religieux nom d'un petit boulon des neiges !

D'une manière générale, cher anonyme, l'opposition se pose en victime autant qu'elle croit que c'est ce que nous faisons. Plus simplement, elle chouine, elle tape du pied, elle n'est pas contente parce qu'elle pense qu'on ne devrait pas réclamer. Parce que si on réclame la même chose, ça veut dire qu'on est sur un même pied d'égalité. Et ça, elle n'aime pas. Alors elle piétine les rues, forçant les barrages de CRS à coups de "y a une grande convivialité, tout le monde dit la même chose, tout le monde pense la même chose", de "y a des choses auxquelles on croit, qui on fait toute ma vie, et on les défend", et de "on n'est pas du tout homophobes".

Cher anonyme, tu dis que tu veux te tirer de la France car elle régresse... Permets-moi d'être étonnée, car dire que la France régresse alors qu'elle est en train de mettre en place l'égalité pour tous me paraît  bien curieux.

Cher anonyme, je n'ai aucun scrupule à écrire ce que j'écris, à exposer mon point de vue de cette manière. On ne peut pas se laisser écraser tout le temps, c'est lassant, à force.
Et puis, les minorités ont le droit de s'exprimer, ou de ne pas le faire d'ailleurs. Les riches n'en ont rien à faire du taux de chômage qui augmente puisque ça ne change pas leur vie, et ils ne s'en mêlent pas ; nous, nous voulons juste bénéficier des mêmes droits que ceux des hétéros. Ce n'est pas dramatique, et c'est dommage que ça le devienne pour certaines personnes. Pour autant, ça ne veut pas dire que l'on va s'arrêter de vouloir ces droits. S'exprimer est un choix, il faut juste avoir des - bons - arguments, et ne pas tout mélanger. Je trouve que les opposants au mariage pour tous ont de terribles arguments, et sont beaucoup trop virulents pour quelque chose qui ne les concerne pas.

Cher anonyme, je suis amère moi aussi, il ne devrait pas y avoir de camp à choisir. Le fait même qu'il y en ai, prouve que nous ne sommes pas tous égaux en droits.
Cher anonyme, tu m'écris "Le camp des 'pour' se transforme petit à petit en personnes irrespectueuses, cherchant la moindre petite broutille pour insulter ceux d'en face. Au final, une bonne partie des homosexuels ne sont pas plus tolérants que ceux qui sont anti ou homophobes." 
Alors qu'on récapitule, parce que mon cerval a du mal à l'encaisser celle-là : tu es en train de me dire que c'est nous qui sommes irrespectueux, quand des gens - de parfaits inconnus, mais aussi des politiciens - se permettent de décortiquer nos aspirations, l'éducation de nos enfants - qui existent déjà -, et encore mieux, la légitimité de nos familles ? Tu vas oser me dire ça, à moi ?!
Un point sur les insultes, veux-tu. J'en suis fervente, je ne m'en cache pas - même si j'ai été très soft jusque là avec mon petit "connard" -, mais il ne faut pas non plus me prendre pour une idiote en me faisant avaler des couleuvres pareilles. Les insultes, c'est nous qui les encaissons depuis un petit bout de temps déjà. Je me souviens que le "On veut du sexe, pas du genre" a eu du mal à passer pendant quelques jours - et il reste toujours bloqué près de ma glotte, à côté de "Non à l'homofolie" et de "La France a besoin d'enfants, pas d'homosexuels". Sans parler des slogans du type "Zéro maman, c'est déprimant" ou encore "Papa + maman, y a pas mieux pour élever un enfant" qui peuvent être dévastateurs pour des enfants issus de familles monoparentales, entre autres. Et puis si rien de tout ça ne suffit, on n'oublie pas non plus que, selon le GUD, on n'est rien qu'une bande d'enfilés (ICI)... M'enfin bref, s'il faut tout prendre en compte alors... ça donne mal au crâne, ça donne l'impression que c'est compliqué tout ça, et du coup il vaut mieux dire que le camp de 'pour' cherche la moindre petite broutille pour insulter ceux d'en face. Tu as raison, comme ça, ça règle tout...

Par contre, je me pose quand même une petite question, cher anonyme : est-ce qu'il t'arrive de réfléchir ?
Je veux dire, combien de conneries vas-tu encore me sortir ? Combien de fois vas-tu déployer devant moi tes cargaisons d'arguments sordides et bancales pour couvrir ton homophobie ?
Et moi, combien de temps encore crois-tu que je vais te laisser m'inférioriser comme ça ?

Cordialement,

Julia.


PS : Vous pouvez écouter un billet d'humeur concernant la radicalisation des opposants au mariage pour tous, chez France Culture : ICI




* page 12 du bulletin de l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales publié le 18 janvier 2013 par l'INHESJ : ICI
** art. 16-1 : "À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité et ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution."
*** Etude des couples mixtes à travers le temps par Gabrielle Varro du CNRS pour l'EFG : ICI

mardi 26 mars 2013

Cher connard de 25 ans,

Je me permets de t'appeler connard parce que vois-tu, je juge les gens par leurs actions. Je ne peux pas m'en empêcher, c'est comme ça. Mais attention, quand je dis que tu es un connard, je le pense vraiment. Pas de demi-mesure dans mes propos, non, non, je dirais même que tu es un connard de qualité supérieure. Pas le connard de base donc, mais plutôt le connard première classe, le plus mauvais de tous. 

Pardon, avant de reprendre mes insultes, j'aimerai me présenter. Je m'appelle Julia, j'ai 25 ans moi aussi, et il se trouve que j'aime les filles. Enfin les femmes maintenant, je suis grande.
Donc voilà, j'écris ce petit billet, tout d'abord parce que j'adore écrire, ensuite parce que j'aime écrire sur ce qui me touche, et enfin parce que ça me permet de soulager ma conscience.

Ou en étais-je ? Ah oui. Connard.
Il faut que tu saches que ceci n'est pas vraiment une attaque personnelle, vois-le plutôt comme une attaque contre ce que tu représentes. 

Tu as donc 25 ans, tu es prêt à rentrer dans l'âge adulte, tu tombes les filles - puisqu'il est évident que tu n'aimes pas les garçons -, tu as ce petit rictus au coin des lèvres, cette nonchalance qui fait de toi quelqu'un de confiant. Pourtant vois-tu, moi qui ai le même âge que toi, j'ai envie de te l'arracher ce petit rictus, et d'aller le coller à la matraque des CRS à qui tu as souri en chantant la Marseillaise ce dimanche 24 Mars.
Cher connard, vous voir toi et ta petite bande copains-connards provoque chez moi la même réaction que les gens qui ont oublié l'existence du Bescherelle : une envie soudaine de vous jeter par la fenêtre du 5ème étage de mon immeuble. Pour que ça vous fasse autant de mal qu'à moi.

Cher connard, je pourrais te trouver des excuses. Peut-être as-tu toi-même servi de bouclier dans une manif quand tu avais 4 ans, oui peut-être que lors de cette dite manif' tes parents aussi ont scandé "on va mettre les enfants devant" lorsque les CRS ont sorti leurs bombes lacrimo. Peut-être que ça t'a retourné le cerveau et qu'aujourd'hui ça réveille en toi une douleur jusqu'alors insoupçonnée. Peut-être que tu as été élevé dans un environnement strict, que tu as entendu toute ta vie que les pédés sont des dégénérés, qu'ils ne devraient pas exister. Peut-être que ça bourdonne encore dans ta tête lorsque tu fermes les yeux le soir avant de t'endormir...
Mais tu as 25 ans. Tu as reçu une éducation, tu as lu des livres, tu as aussi certainement déjà fumé des joints en soirée, tu as déjà embrassé une fille que tu ne connaissais pas en boîte, tu as eu des discussions sérieuses à 2h du mat' et des fou rires juste après, tu trouves que le viol c'est dégueulasse, et que les gens profitent du système. Bref, tu as 25 ans, et tu as un cerveau avec des neurones qui fonctionnent parfaitement bien à l'intérieur. Pourtant tu t'évertues à reproduire un schéma discriminatoire et conservateur que tes parents eux-mêmes ont probablement reproduis. 

Tu es intelligent mais tu ne réfléchis pas. C'est ce qui fait de toi le pire des connards.
Et tu es un connard capricieux car tu hurles quand on te dit ce que l'on pense de toi. Je te disais homophobe, mais maintenant je crois que c'est pire que ça. 
Laisse-moi te dire ce que tu représentes pour moi : il y a un terme qui rappelle tout mouvement politique ou organisation s'appuyant sur un pouvoir fort au service d'une classe humaine dominante, la persécution d'une classe ennemie chargée de tous les maux, l'exaltation du sentiment nationaliste (on va laisser ça à Civitas, mais bon, j'ai un p'tit doute quand même), la répression de l'opposition, et j'en passe. Ca ne te rappelle rien ?! Moi si, le fascisme. 

Tu penses peut-être que je vais trop loin ?! Moi je pense que c'est toi qui va trop loin. Après tout, tu nous colles bien des étiquettes, tu scandes bien des slogans qui me hérissent les poils... pourquoi ne devrais-je donc pas essayer de mettre des mots ou une définition sur les motivations réelles de tes actes ?

Tu as 25 ans et tu es fier de militer, probablement que tu ne l'avais jamais fait avant. C'est vrai, on a l'impression d'être fort quand on marche dans la rue, de faire ce qui est juste, d'être libre presque...
Mais tu sais, cher connard, je vais te dire un truc.
J'ai 25 ans, et si je n'aimais pas les filles, j'aurais quand même un meilleur ami qui aime les garçons, un cousin qui ne sait pas encore vraiment qui il aime, et des tas d'amis qui aiment qui il leur semble bon d'aimer... Je vais peut-être te surprendre, mais les homos ont toujours existé, et ce n'est pas parce qu'ils vont enfin pouvoir se marier et avoir des enfants qu'ils vont être plus nombreux et que leurs enfants vont être comme eux et former une armée pour détruire notre civilisation. Si tu penses ça, cher connard, c'est que tu es encore moins intelligent que je ne le pensais.
Tu sais, cher connard, je ne te comprends pas. J'essaye pourtant. J'essaye de saisir pourquoi tu n'utilises pas tes neurones, pourquoi tu défiles dans la rue contre quelque chose que visiblement tu ne comprends pas, puisque tu penses qu'être homo est un choix. Et apparemment tu penses aussi que ton orientation sexuelle est plus digne qu'une autre. Tu as le même âge que moi et tu me fais honte. Parce que tu hiérarchises. Parce que tu méprises. Parce que tu véhicules un message de haine et d'inégalité. Parce que tu chantes la Marseillaise alors que tu bafoues les valeurs de la République, celle-là même dans laquelle tu es né.

Une dernière chose pour toi, connard : le terme connard est une insulte désignant quelqu'un qui se comporte de façon déplaisante ou déplacée par manque d'intelligence, de savoir-vivre ou de scrupules.
Ca, c'est un choix !

Cordialement,

Julia.


vendredi 8 février 2013

La pédiatre, le foot & Barbie mécano



1. SALLE DE CONSULTATION DU PÉDIATRE. INT. JOUR.
Un couple de lesbiennes, bien stéréotypées camionneuses, et leur fils de 5 ans entrent chez le pédiatre (environnement médical typique : murs blancs, des touches de couleurs par-ci, par-là, des plantes et un coin avec des jeux pour enfants).
PEDIATRE
(en serrant la main des deux femmes)
Mme Blanchard. Mme Blanchard.
Le DR. ROBIN leur fait signe de s’asseoir devant son bureau, tandis que leur fils fait du coloriage derrière elles, sur une petite table.
DR. ROBIN
Alors, qu’est-ce qui vous amène ? Expliquez-moi tout.
MME BLANCHARD 1
(elle regarde son fils, bouleversée)
On comprend pas, il joue au foot avec les filles de son école, il… il pique les petites voitures de sa grande soeur… Hier encore, il a refusé de mettre son maillot de bain rose à la piscine.
(elle soupire)
On comprend pas… on ne com-prend pas !
(à la pédiatre)
Vous pensez qu’on a fait quelque chose… qu’on a raté quelque chose dans son éducation ? J’veux dire… qu’il refuse de se maquiller bon, à la limite je peux comprendre, moi à son âge j’avais un peu peur du bruit de la perceuse, mais là… là le foot je peux pas, c’est au dessus de mes forces !
La pédiatre ouvre la bouche pour répondre, mais se fait couper par l'autre Mme blanchard.
MME BLANCHARD 2
Il a 5 ans chérie, y a rien qui est fixé à cet âge-là. Il expérimente. S’il trouve que les ballons c’est mieux que les tutus, alors…
MME BLANCHARD 1
(à sa femme)
Non ! C’est comme ça que ça commence ! Je le sais, le fils de ma cousine c’était pareil.
(à la pédiatre)
Moi j’croyais qu’il voulait faire du foot à cause de l’uniforme, pas parce qu’il voulait y jouer réellement ! Comprenez, j’aime mon fils, je veux juste qu’il soit normal.
Pano sur le fils qui délaisse le coloriage pour démembrer “Barbie mécano” (coupe de cheveux en brosse et l’attirail vestimentaire qui va avec).
CARTON : “Vous n’en avez pas marre des clichés ?”

mercredi 23 janvier 2013

L'homosexualité est-elle une maladie à guérir ?

C'est une question qu'un certain "docteur" se pose sur Facebook - ICI -, mais ce qu'il se demande en vérité c'est si l'on doit permettre aux lesbiennes d'avoir recours à la procréation médicalement assistée actuellement réservée aux couples stériles. 
Cette page FB est très intéressante car on a des réactions croustillantes qui montrent que l'expression on est pas dans la merde est un énorme euphémisme. 
Voici donc trois extraits du florilège de conneries que contient cette page :

"(...) nous devons sérieusement penser à revoir le statut de l'homosexualité et la redéfinir comme étant une maladie, car ces derniers se font passer pour stériles dans leurs désirs de parenté."
"Je ne suis pas le docteur qui murmurait à l'oreille des homosexuels, pour leur dire que c'est bien et qu'ils auront le statut de malades pour avoir accès à la PMA."
"(...) l'enfant n'est pas une marchandise, qu'on peut vendre en pièces détachées, pour que les personnes stériles puissent y avoir accès. L'homosexuel qui assume sa sexualité, assume le fait qu'il n'aura pas d'enfant car c'est impossible. L'homosexuel qui assume sa sexualité pense aux besoins de l'enfants et à son devenir, il n'agit pas égoïstement. (...) Je vous rappelle que le droit à l'enfant n'existe pas. Je vous rappelle que l'enfant est un être humain, qui est le fruit d'union hétérosexuelle." 

Bon tu as beau leur expliquer qu'un gay avant d'être gay c'est un homme, et qu'une lesbienne avant d'être lesbienne c'est une femme. Que le fait qu'ils soient homosexuels n'entache en rien leur capacité reproductive. Que la parenté n'est pas définie par la relation entre un homme et une femme, sinon les familles monoparentales n'existeraient pas et l'adoption ne serait pas un recours pour beaucoup de couples - même non stériles.
Tu as beau leur expliquer que l'homosexualité n'est pas une pathologie, que c'est une préférence qui s'impose à soi et qu'elle n'est pas synonyme de stérilité.
Tu as beau leur expliquer tout ça, calmement et simplement, tu as toujours un argumentaire de merde à leurs yeux et tu es toujours un-e déviant-e. C'est triste...

Donc, je dis qu'on n'est pas dans la merde car je me demande encore comment on pourrait avoir des discussions qui ont du sens quand on a en face des propos pareils ? Et puis même, vous commencez pas à être un peu fatigué-e-s vous aussi de répéter toujours la même chose, de vous sentir obligé-e-s de devoir prouver en permanence que vous êtes des citoyen-e-s comme les autres alors que vous n'avez pas à le faire ?! 
Du coup, je me suis dit, quitte à perdre mon temps, on va suivre la logique de ce bon monsieur le "docteur" et on va lui retourner la tête.

Dooooonc, si on résume le contenu général des propos tenus sur cette page FB, on peut comprendre que la PMA est actuellement réservée aux couples hétérosexuels stériles - de même que le mariage est réservé aux couples hétéros -, qu'il est impossible pour les homos d'avoir des enfants car un enfant né obligatoirement d'une union hétérosexuelle, et que les lesbiennes se feront passées pour stériles pour avoir accès à la PMA : elles auront donc le statut de malade.

Pause.

Si vous lisez bien toute la page FB - mais même avec ces trois extraits - vous en venez comme moi à la conclusion qu'il réduit la problématique - l'homosexualité est-elle une maladie à guérir ? - à la question de la PMA et donc en particulier à l'homosexualité féminine, et établit de ce fait une généralité autour de l'homosexualité qui n'a pas lieu d'être.
En suivant le raisonnement de ce "docteur", si le seul point qui établit que l'homosexualité est une maladie - liée à la stérilité donc - est celui de la PMA, peut-on donc vraiment dire que l'homosexualité - masculine et féminine, puisqu'il généralise dans sa problématique - est une maladie ? 

Moi je suis conne hein, mais quand on me démontre de façon tout à fait bancale que l'hypothétique maladie qui ravageraient les homosexuels ne s'applique en fait qu'à une partie d'entre eux, je me dis que c'est un peu léger pour établir une vérité.
Si au moins il m'avait sorti le pamphlet sur le Sida, là d'accord,...


dimanche 13 janvier 2013

Cher "tous",

On aurait pu croire que j'avais autre chose à faire que de venir à votre manifestation par un dimanche gris et froid de Janvier, surtout quand on sait que je suis tout à fait contre votre démarche et pour le mariage, l'adoption et la PMA. Oui, tout ça.
C'est vrai, j'aurais pu rester au chaud à contempler votre homophobie fumante à la télévision que je n'ai pas, mais il est des combats qui sont trop importants pour n'être vécus qu'au travers du regard des médias. 


Je vous rassure, je ne suis pas venue défiler pour cracher sur vous, ni pour déverser la haine que j'éprouve pour votre combat sur vos visages de français si normaux. D'ailleurs je ne suis pas venue défiler du tout. Si vous regardiez bien, j'étais la jeune femme sans pancarte mais avec une moue de dégout sur le visage, celle qui vous flinguait du regard, qui hurlait intérieurement, qui a eu des hauts le coeur à maintes reprises, qui a senti les larmes monter... mais qui s'est toujours tenue debout, droite et fière d'exister.

Je savais pertinemment ce qui m'attendait quand je me suis mise en tête d'assister à cette mobilisation, mais je voulais entendre ce que vous aviez à dire, je voulais constater par moi-même. Je ne vous cache pas que la réalité a été plus dure, plus difficile à vivre que ce que je m'étais imaginée. Etre au milieu de tant de pensées négatives à l'égard de mon genre - "on veut du sexe, pas du genre" -, jusqu'à donc laisser entendre que les gens comme moi ne devraient pas exister... je vous avoue que ce n'est pas une belle façon de passer son dimanche après-midi. 

Aujourd'hui mon combat aura été personnel, je suis venue seule à cette manifestation. Et seule je me suis sentie. Je ne sais pas s'il faut du courage ou de la bêtise pour rester pendant 3 longues heures et 7km à naviguer dans votre cortège homophobe. 
Naïvement je suis convaincue que pour se battre pour une cause, il faut être à l'écoute de ce que l'opinion négative a à dire. Après ce déversement massif d'homophobie de votre part, mon moral en prend un coup mais mon militantisme n'en est que plus vivant.

Alors oui, il faut être libre de s'exprimer, mais quand vous scandez, M. Tugdual Derville - Alliance Vita -, que "vous avez réussit une mobilisation pacifique où personne n'a été stigmatisé ou discriminé"... j'émets de fortes réserves quant à la véracité de vos propos.  La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres*

Ce combat pour l'égalité ne change pas votre vie, ne déprécie pas votre famille, ne désacralise pas votre mariage, ne menace pas vos enfants. Je précise cela parce que c'est important : ce projet de loi prévoit des adaptations aux codes quand cela est nécessaire, les mots "père et mère" seront remplacés par le mot "parent" et les mots "mari et femme" par le mot "époux", et vous savez pertinemment que ces modifications ne concernent pas les actes d'état civil et le livret de famille dont la forme n'est pas régie par la loi. Vous fantasmez les termes "parent 1" et "parent 2" pour nourrir votre rejet à l'égard de nos familles. Et quand bien même votre fantasme se réalise, pensez-vous vraiment que le statut de père et de mère va disparaître dans toutes les familles ? L'ouverture du mariage pour tous ne vous enlève rien, et pourtant... 
Nous savons que vous ne nous portez pas dans votre coeur puisque quand deux femmes s'embrassent à la fenêtre d'un immeuble sur le passage de la manifestation vous les huez. Nous savons que vous cantonnez notre amour à des pratiques sexuelles marginales, que vous prenez notre désir de nous marier et d'avoir des enfants pour des caprices égoïstes de camionneuses et de coiffeurs irresponsables. 
Ce "et pourtant" qui reste si joliment en suspend sur cette page n'est rien d'autre que la France sous la bannière cachée de l'homophobie. 

Rappelons donc ce qu'est l'homophobie, voulez-vous ?! Le terme homophobie désigne "les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l'être. (...) Est ainsi homophobe toute organisation ou individu rejetant l'homosexualité et les homosexuel-le-s, et ne leur reconnaissant pas les mêmes droits qu'aux hétérosexuel-le-s"**


Vous qui êtes contre cette loi qui vise à appliquer le principe d'égalité, vous êtes donc contre l'égalité pour tous et établissez une hiérarchie entre les genres. Vous qui êtes contre cette loi et vous targuez d'être des citoyens normaux respectant le sacrement de la famille et la loi naturelle, ne faites que masquer l'homophobie dans laquelle vous élevez - ou avez élevé - vos enfants.  

Ainsi cher "tous", permettez-moi d'être en colère aujourd'hui et pour les prochains jours à venir. Entendre pendant plus de 3 heures et 7km hurler "non à l'homofolie", ça vous bouleverse une femme, vous savez. 

Chère France homophobe, je vous conchie à la raie !


"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autre membres de la société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi" ***


* Jean-Jacques Rousseau
** Définition par SOS Homophobie
*** Art. 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789


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À VOIR

jeudi 22 novembre 2012

Coup de gueule

Oui parce qu'en dehors de la manif extrémiste de Civitas dimanche dernier, y en a eu une samedi, plus pacifique, et plus intéressante, qui révèle pas mal de choses sur la façon dont la plupart des gens perçoivent les homosexuels.

VIDEO ICI

"On n'a rien contre le fait que des personnes de même sexe s'aiment, au contraire..." (...) "S'ils ont envie d'être homosexuels" Et là j'ai bondi de mon siège et j'ai gueulé "MAIS CONNASSE, FAUT ARRÊTER DE DIRE QU'ON A ENVIE D'ÊTRE HOMOSEXUEL !!!"
Putain, c'est incroyable les conneries qu'on peut entendre ! Entre ça et la vieille qui dit qu'elle a des amis homos et qu'ils ne veulent pas de l'adoption, "on les force". Ses amis homos doivent avoir 60 ans et ils ont raté l'occaz' de faire des gosses ! Et c'est elle qui a du forcer sur le pinard pour dire des inepties pareilles ! Et puis l'autre duduche là, perchée à 3g de coke dans chaque bras, elle raconte quoi avec ses ours en peluche ? Non mais sérieusement, les journalistes ont sélectionné une belle brochette de gros cons !

Va falloir arrêter de dire des conneries quand même à un moment donné. Comment peut-on avoir un débat intelligent si la plupart des gens pensent qu'être homo est une envie, un choix ?! 
On ne choisi pas d'être homo, cela s'impose à nous. On ne se réveille pas un jour en se disant "tiens, je à partir d'aujourd'hui je suis lesbienne, et puis je veux me marier aussi, et avoir des enfants, histoire de les emmerder ces cons d'hétéros". Yep, on a trop envie de se faire insulter, de voir défiler des slogans homophobes à vomir dans la rue, de devoir justifier notre existence toute notre vie. On est des fous, on kiffe ça, l'homophobie ! 

Manifestation du dimanche 18 Novembre à Paris

Franchement, comme je disais dans un autre post, j'me suis jamais sentie persécutée auparavant, mais là... C'est limite si on ne devrait pas exister. Pourquoi être en couple si on ne peut pas se reproduire ? Si l'on ne peut pas se reproduire et ainsi former une famille alors pourquoi vouloir se marier ?

En gros, le débat c'est ça. Ca se limite à ça. Parce que vous comprenez, si on accorde l'adoption à des duos homos, les enfants auront des problèmes à s'intégrer dans la société... 
Et vous savez quoi ? Je suis d'accord avec eux sur un point. Si la société, et en particulier les élus UMP, PCD et FN, ainsi que des mouvements comme Civitas, Alliance Vita, Les intransigeants & Cie continuent de nous percevoir comme contre-nature, de porter ce message dans les médias et de s'opposer à des lois visant à mettre tout le monde sur un pied d'égalité (après tout, ce n'est pas comme si c'était un des principes de la République non plus...), je ne vois pas comment les homos peuvent se sentir intégrer dans la société. Et à partir de ce moment là, comment leurs enfants peuvent à leur tour s'intégrer. 
Les enfants entre eux sont très cruels, et si certains sont élevés et donc grandissent en pensant que les homosexuels ne sont pas des gens normaux, je ne vois pas comment on peut avancer dans ce débat. A mon sens ce n'est pas l'éducation des enfants d'homosexuels dont il faut parler, mais de l'ouverture d'esprit des familles que dans notre société hétérocentrée on considère comme "normales". Si le problème c'est le manque de modèle féminin ou masculin dans les couples gays ou lesbiens... c'est mal nous connaître. On ne peut pas fuir les hommes ou les femmes, on a des frères/soeurs, des oncles/tantes, des parents, des grands-parents, des ami(e)s... c'est même complètement stupide de l'écrire comme ça tellement ça me paraît évident. 

Il y a quelques années, on interdisait aux gauchers d'écrire comme ils le sentaient, on considérait les couples inter-raciaux comme contre-nature, l'Eglise n'était pas séparée de l'Etat, les femmes n'avaient pas le droit de vote, le divorce était mal vu, les juifs étaient exterminés...
Et aujourd'hui on nous dit quoi ? Que s'enculer ça ne correspond pas à la structure de la société. Bah oui... Mais personne n'a dit le contraire mon cher Christian ! 


D'ailleurs à ce que je sache, les pratiques sexuelles des citoyens français (homosexuels ou hétérosexuels), de quelques formes qu'elles soient, ne regardent qu'eux et n'ont pas à être justifiées. Encore moins au regard de la religion dans un pays où l'Eglise est séparée de l'Etat...

Bon et puis aujourd'hui (enfin hier, vu l'heure à laquelle je poste ce billet) on a eu la cerise sur le gâteau avec François Hollande qui a oublié de prendre ses couilles sur sa table de chevet au matin, et qui nous sort, en gros, que l'homophobie révèlerait de la conscience (c'est par ICI). Et vive la liberté !



mardi 9 octobre 2012

Pour soi.

J'ai quelques fois (souvent) l'impression de faire les choses pour faire plaisir aux autres. 

Quand je fais quelque chose pour moi, quand un projet commence à se concrétiser, je jubile dans mon coin pendant quelques jours, et je médite ensuite sur le fait de partager mon excitation avec mes proches. Mais au final, amis ou famille, je suis toujours déçue par leur réaction. C'est inévitable.

Alors autant se taire, et vivre ses petites victoires pour soi. 


vendredi 24 septembre 2010

To write...




Je suis arrivée parmi les 10 finalistes du concours "Spectaculaire" organisé par le-slam.org, ce qui me donne le droit de réciter mon texte sur scène, demain. Mais je ne vais pas y aller, parce que je ne suis pas prête à sortir de l'ombre confortable de ma plume. J'aime écrire, mais j'ai peur de parler devant les autres. Ces parfaits inconnus, porteurs de jugement malgré eux.
Du coup j'ai réalisé que, puisque je n'arriverai pas à surmonter ma peur de parler en public du jour au lendemain, je devais me contenter de faire ce pour lequel je suis douée : écrire. Et seulement écrire.
Ca vaut aussi pour mon métier futur. Des fois je rêve de réaliser mes scénarios, mais au final, je pense qu'il vaut mieux que je laisse ça aux autres. A ceux qui sont doués pour ça. Et si le résultat ne correspond pas à ce que j'avais imaginé en l'écrivant, et bien... ce n'est pas plus mal. Ca prouve au moins une chose, c'est qu'il n'y a pas qu'une seule interprétation à un imaginaire de base. C'est de là que la magie opère.