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lundi 4 novembre 2013

Et ma main dans ta gueule, elle est "amazing" ?

Le truc quand tu vis dans un autre pays, c'est que tu dois t'adapter à sa culture. Et même si tu essayes, même si tu fais des efforts, y a toujours des trucs qui te chagrinent, des réflexes qui reviennent. Et surtout, en bon français, tu peux pas t'empêcher de râler.

Je veux dire, essaye chez toi, fait une expérience sociologique : ne râle pas pendant une semaine. Tu verras, au bout de deux jours tu te sens pas bien, et au bout de trois tu commences à être constipé.

Bref, dans un pays comme le Canada, ta nature franchouillarde revient au galop dans bien des situations. Tu as même franchement tendance à lui offrir des bras un peu trop grands ouverts...
Mais bon, entre français on en discute, on sait qu'on râle beaucoup et des fois pour pas grand chose. Mais vous savez quoi? Et ben ça nous fait plaisir! 

Globalement, nos deux sujets de râlage favoris sont : la bouffe, et le service à la clientèle.

On s'en rend compte souvent quand on fait des soirées : on en vient toujours à parler de bouffe. Et maintenant qu'on est en sevrage d'à peu près tout ce qui est bon (fromage, charcuterie, bonbons Haribo...), on devient nostalgique. Du coup, on critique leur méthode de cuisson des légumes (ils sont croquants, pas fondants), on râle parce que leur vin le moins cher est à $10 et qu'il est dégueu, on peste parce qu'on trouve pas de crème fraîche digne de ce nom, on proteste contre le prix des pizzas dans les "pizzérias" potables, on bougonne parce qu'on a l'impression de devoir hypothéquer un truc quand on fait les courses pour la semaine, on grogne quand il faut se trimbaler les 2 litres de jus de fruits bourrés de colorants artificiels (plus les 2L de lait, et les 4L d'eau), on rouspète contre la quantité de conservateurs qu'ils foutent dans le parmesan râpé (qui lui aussi est dégueu et qui sent les pieds), on ronchonne parce que l'eau du robinet est immonde mais qu'on s'y habitue... 

Et puis tu sais, toi quand t'es chez H&M, ou même à la FNAC, les vendeurs ils te laissent dans ton coin, ils te laissent de l'espace pour te mouvoir dans le magasin et trouver ce que tu cherches. Alors tu galères des fois, c'est vrai. T'as l'air con des fois, c'est vrai aussi. Mais au moins quand tu trouves, t'es fier! Et puis si tu trouves pas, si comme moi t'as pas envie de passer ta journée dans le magasin, ben tu ravales ta fierté et tu demandes à un vendeur. Et là le vendeur, il te conseille. Et puis toi tu repars, et t'es content. Voilà, c'est comme ça que ça se passe chez nous. Le vendeur peut être un connard fini ou un bisounours, tu t'en fous. Si tu ressors du magasin avec un p'tit sourire au coin des lèvres, c'est pas parce que le mec à la caisse a été cool, c'est parce que pour une fois le pull que t'as acheté te fait pas ressembler à un tonneau.
Ici, le service à la clientèle, c'est un spectacle vivant (ou un sport national, on sait pas trop). Déjà, les vendeurs utilisent le champ lexical du bisounours croisé avec un guide touristique. C'est à dire qu'il te prend pour un assisté. Sauf que je le répète, le français aime l'espace, il n'aime pas être emmerdé. Il considère que si tu lui parles, correction, si tu l'agresses avec ton "how is it going ?", de 1) tu lui pourries sa journée, et de 2) tu lui pourries sa journée.
Moi je déteste quand on me suit dans le magasin et qu'on me demande si je cherche une taille (merci, je sais regarder entre les cintres). Je déteste qu'on me pose des questions à la con alors que ça fait à peine 30 secondes que je suis dans le magasin. Je n'aime pas non plus qu'on me dise bonjour avec un sourire Colgate. Tu sais le "hi" qui dure 10 secondes, le truc douloureux à entendre : "hiiiiiiiiiii" (prononcé "aïïïïïïïïïïe", ça veut bien dire c'que ça veut dire...). Je conchie les serveurs qui viennent te demander toutes les 5 minutes si c'est bon, si ça te plait, si tu veux un refill (qu'ils te resservent la même boisson gratuitement)... juste pour avoir un tip supérieur à 15%. J'admire l'effort hein, mais moi ça me donne juste envie d'être remboursée. C'est le genre d'attitude hypocrite à souhait et pas tellement respectueuse de l'espace vital auquel tout le monde devrait avoir droit.
Bref, on râle pour beaucoup de choses. En même temps, on serait con de pas le faire!

Alors je vous entends d'ici dire : "nan mais quand même, ça doit pas être si terrible que ça".
Nan, c'est pas si terrible que ça, si t'entends ça une fois. Mais quand c'est la troisième vendeuse qui vient te faire chier chez Victoria Secret alors que tu sais qu'ils ont pas ta taille de soutif (et que de toute manière le rose et les paillettes c'est no way que tu portes ça, même pour Halloween)... 


D'une manière générale, le canadien est très positif. On nous dit que les vancouverites râlent beaucoup, mais personnellement je n'en ai jamais vu un s'énerver (à part les mecs bourrés, mais ça...).
De la bouche d'un canadien, plusieurs mots reviendront : awesome, amazing, really great... Bref que des trucs positifs, et moi, ça me donne envie de me taper la tête contre le mur de façon tout à fait répétitive. Moi, je ne trouve pas ça normal de tout trouver amazing. Je trouve que la vie elle est amazing pendant quelques heures, et que le reste du temps c'est un mix entre du "c'est d'la merde", du "c'est pas ouf" et du "c'est plutôt cool". Je trouve que c'est surnaturel de penser que si tu fais de la randonnée le dimanche ou que le renard comme animal spirituel c'est awesome. Non! Moi pas être d'accord. Personnellement, l'animal spirituel je m'en tape, d'ailleurs jamais de ma vie je me suis posée la question! 

Voilà, donc je râle. Nous râlons. Beaucoup. Très beaucoup, même. Probablement qu'on n'améliore pas l'image que les canadiens ont des français (snobs). Mais il en va de notre bien-être, de notre équilibre mental, que nous râlions... ça nous permet de garder un sourire Colgate devant la troisième pouffiasse/vendeuse de Victoria Secret.



mercredi 4 septembre 2013

Cher humoriste,

Tu as la chance - ou la malchance - que je prenne un peu de temps pour t'écrire, car tu as publié - et depuis retiré - une vidéo intitulée "Le viol c'est (...) LOL". Vidéo que je trouve minable, et je vais t'expliquer pourquoi.



Peut-on rire de tout ? Peut-on rendre un sujet ignoble, drôle ?


Je suppose, oui.
Je suppose aussi que cela dépend du vécu des personnes qui reçoivent ou font une blague.
Je suppose que si l’on faisait une blague sur le cancer à quelqu’un qui se bat contre un cancer des ganglions, ça ne le rendrait pas hilare.
Je suppose que c’est une question d’état d’esprit et de recul sur les sujets abordés.

Mais y a-t-il des limites au récit humoristique ?

À mon sens il n’y en a qu’une : l’imprécision. Si un humoriste se lance dans un sujet tabou, comme le cancer par exemple, il faut qu’il n’y ait aucun doute sur le fait qu’il plaisante. Sinon c’est tout simplement odieux, encore plus ignoble que le sujet abordé.

J’estime avoir un grand sens de l’humour, je peux rire de beaucoup de choses, mais pas de tout. Par exemple, et ça tombe mal, les blagues sur le viol ne me font pas rire du tout.  
Pourtant j’ai cherché, j’ai cherché au moins un angle comique pour parler du viol, je me suis vraiment creuser la tête… mais rien, le vide. Tout simplement parce que pour parler du viol, il faut savoir qu’à la base, on ne se fait pas violer, mais qu’on est violé(e). Et avec un peu de chance on s’en sort, mais jamais complètement.
Et donc en sachant ça, est-ce qu’on peut rire de quelque chose qui atteint l’essence même de ce que nous sommes ?

Alors je suis d’accord, le principe du comique c’est de chercher le rire - ou au moins le sourire, - chez son public.  Ca ne va pas plus loin que ça. Il faut que ça fasse rire le plus de gens, tant pis pour ceux qui ne sont pas contents. Seulement qu’est-ce que tu fais lorsque non seulement tu ne fais pas rire, mais qu’en plus tu offenses, tu mets en colère, tu bouleverses… ne serait-ce qu’une partie de ton public ?! Et tout ça à cause d’une blague. Enfin, plutôt de ce qu’il y a derrière cette blague. Parce que, pour certaines personnes, et pour peu qu’elles aient un état d’esprit fragile, un mot peut tout faire basculer.

Donc toi, cher comique, qu’est-ce que tu fais des conséquences de ta blague ?
Imagine, une nana de 28 ans qui regarde ta vidéo, qui a subit des attouchements sexuels de ses 3 à 8 ans par son oncle, et qui ne s’en est toujours pas remis - tout simplement parce que ce n’est pas quelque chose dont on se remet - ; imagine l’état d’esprit dans lequel ce genre de propos peut la mettre. Le retour en arrière, la honte qui remonte à la surface, les souvenirs qui se (re)transforment en cauchemar, etc.
Imagine aussi que les victimes de viol ne sont pas les seules à pouvoir être offensées par tes propos.
Si tu avais fait des recherches qui ne se limitent pas aux excuses clichées que se donnent les violeurs pour expliquer leurs actes, tu saurais que les victimes de viol sont plus souvent des femmes que des hommes. Tu saurais aussi qu’une femme qui rentre seule à 2h du matin ne se dit pas « putain il fait un froid ! », mais « j’espère que je vais pas rencontrer de mecs bizarres sur la route ». Tu saurais aussi que, lorsque l’on rentre dans la puberté, nous les filles, avons le droit à différents discours concernant notre corps : discours sur les règles, sur la contraception, sur le comportement que l’on doit avoir… tout simplement parce que nous sommes rentrées dans l’âge sexuel. Et ses discours sont dictés par notre famille, et par notre société… à croire que nous ne sommes pas maîtresse de notre propre corps ! 
Ta mère à toi elle t’a dit de faire attention à bien traverser sur le passage clouté, ma mère à moi elle m’a dit de faire attention à ne pas sortir mon portable et de marcher très vite jusqu’à mon appartement, en cas « d’activités suspectes » - en gros j'ai un radar à mecs chelous et à gros lourdauds implanté dans la tête. Et si ce n’est pas ma mère qui me le dit, c’est le connard n°53 qui m’a sifflé dans la rue en disant que j’étais bonne et qu’il me baiserait bien. Parce que oui, il arrive un moment où l’on compte les regards vicieux dans le métro, les mains baladeuses, les phrases accrocheuses dénuées de toute romance… où on perd nos illusions et on devient méfiante. Et à juste titre. Je ne dis pas que nous sommes tout le temps vues comme des objets sexuels, je dis que le fait de montrer qu’on est sexy semble être pris pour une sorte d’autorisation à vouloir créer une empreinte physique ou psychologique sur notre corps. A partir de là se créée l’autoroute qui mène à la médiocrité masculine. Et encore, médiocrité est un joli mot.
Enfin bref, si je te dis ça, c’est pour que tu comprennes pourquoi je trouve ta vidéo minable. Et pourquoi, en tant qu'humoriste, tu es responsable de ton public. Tu es responsable de tes propos. Ce n’est pas quelque chose dont tu peux te défiler, tu dois faire face aux conséquences.

Je veux dire, la société nous prouve constamment qu’on n’a pas de contrôle sur notre corps car elle passe son temps à vouloir qu’on le change (mettez de la crème anti-rides à 25 ans, on sait jamais, il vaut mieux prévenir que guérir).
Une victime de viol a reçu la preuve physique (et pas forcément temporaire) que son corps ne lui appartient pas, et les conséquences psychologiques peuvent parfois mener au suicide.
Tu vis dans la même société que nous, non ?! Je ne t’apprends rien alors…

Etre humoriste c’est (entre autre) vouloir rendre moins sérieux des sujets qui le sont. D’accord.
Mais un humoriste drôle, c’est un humoriste documenté !
Tu devrais connaître la vision misogyne de la société, puisque tu es au courant des poncifs dégueulasses sur le sujet... Prendre un ton comique ne fait pas de toi quelqu'un de drôle.

Et surtout, pour moi, il n’y a rien de moins drôle qu’un humoriste ignorant.



- o -

Des p'tits liens :

Tumblr : Je connais un violeur
Tumblr : Project Unbreakable (en anglais)

dimanche 4 août 2013

Depuis que je suis au Canada,

Combers Beach, Ucluelet - Vancouver Island

1. Je n'ai pas laissé traîner une casserole sale plus d'une heure dans l'évier.
2. Je me suis achetée une chaise de plage. Ouais.
3. Je n'ai pas foutu les pieds dans un Fast Food (hormis le passage obligé dans un Tim Hortons).
4. Je ne mets quasiment que des chaussettes identiques aux pieds.
5. J'ai acheté une paire de tongs et un t-shirt avec écrit "Canada" dessus. Ouais.
6. Je ne suis pas tombée une fois malade.
7. J'ai la nostalgie fromagère qui s'est insidieusement installée.
8. J'ai perdu près de 10kg.
9. J'ai acheté des chaussures de rando, et je les utilise.
10. J'ai troqué ma besace Kippling contre un sac à dos Herschel.
11. J'utilise des mots anglais dans une conversation en français, et ça ne choque personne ici.
12. Je râle toujours autant (mais y a pas que moi, donc ça va).
13. Faire de la musique me manque beaucoup, beaucoup, beaucoup.
14. Je n'arrive pas à me décider si je suis irritée ou attendrie par le côté bisounours des canadiens.
15. J'ai régulièrement des conversations sur la bouffe.
16. Je ne suis plus choquée quand je croise un chien avec des dreads dans E. Hastings.
17. J'ai bronzé.

Voilà.


samedi 13 juillet 2013

Vancouver M+1



Et voilààà, ça fait un mois que je suis à Vancouver, et je ne l'ai même pas vu passer le bougre !

Ce petit article est donc sensé être le moment solennel où je vous dis que j'ai fait teeellement de trucs que je ne me souviens pas de tout. Sauf que j'ai une mémoire d'éléphant et que j'ai pas non plus l'impression d'avoir fait 20 millions de choses ; j'ai aussi, et surtout, beaucoup glandé. 

Va-cances.

Un mois ! Un mois, et je n'ai même pas encore été poser mes fesses sur la plage nudiste. C'est pas naze, ça ?! 
Un mois, et je sens déjà une profonde transformation s'opérer en moi : je ne sais plus dire une phrase en français sans y glisser au moins un mot en anglais. A Paris, je me ferais lyncher sur la place publique pour avoir osé prononcer ne serait-ce qu'un "Tu fais quoi today ?", mais bon... n'entrons pas dans les discussions houleuses. 

Globalement, Paris ne me manque pas, mais alors pas du tout. Pourtant, après y avoir passé quatre ans, il reste quelques séquelles car, en arrivant à Vancouver, j'avoue avoir eu une petite période de rébellion. C'est à dire que toutes les réserves de râlage que j'ai pu faire, semblent être ressorties d'un coup. Et que je râle, et que je m'énerve, mais seulement dans mon coin, et pour les plus petites choses. Le choc des cultures, quoi {ça vieilli une phrase pareille}. Enfin bref, la conclusion c'est qu'après avoir vécu à Paris, tu n'as plus l'habitude qu'on soit gentil avec toi sans raison. Et comme au Canada, les gens te parlent dans le bus ou dans la rue ultra facilement... forcément, ça te laisse coi, et tu finis par te braquer. 
M'enfin cette période passe assez rapidement - on s'habitue très vite au côté bisounours des canadiens -, et tu te mets à être gentille de nouveau. Great !

Enfin bref, je m'égare. Où en étais-je ? Ah oui, choc des cultures.

Le Canada étant proche des Etats-Unis, ici tout est large. Les cafés, les mecs - bodybuildés ou donutsés -, les sourires des serveuses pour qu'on leur donne leur pourboire, les ponts, les arbres, les conditionnements - lait, jus d'orange, plaquettes de beurre, sachets de riz, céréales, glaces, shampoings... -, les paquets de popcorn dans les cinés... 
Dans le bus, quand les gens descendent à leur arrêt, ils disent "Thank you, sir" ou "Thank you, driver". Il y a même des conducteurs de bus qui te font une visite guidée, c'est à dire qu'ils prennent leur micro et qu'ils disent "alors là nous sommes sur le pont de Granville, à votre droite vous avez Yaletown et le Science World, à votre gauche, le pont de Burrard", et hop le stop s'allume et t'arrive à la prochaine station. Truc de dingo !
Enfin, d'une manière générale, les gens ici sont très polis :
- exemple n°1 : dans le bus, les gens se mettent à l'arrière pour laisser entrer de nouvelles personnes et, s'il y a une personne âgée, quelqu'un se lève pour lui laisser sa place - toujours,
- exemple n°2 : si par malheur quelqu'un te bouscule ou tu bouscules quelqu'un, tu entendras toujours un "I'm sorry" éventuellement suivit d'un "are you alright ?",
- exemple n°3 : dans le bus toujours, si t'as pas de ticket et que tu le dis au conducteur, c'est pas grave, tu peux rentrer quand même - il faut savoir que les gens ne fraudent jamais ici,
- exemple n°4 : les commerçants sont TOUJOURS souriants - aaaaaaaah, bouffée d'air frais,
- exemple n°5 : si tu es végétarien, le chef cuisto peut venir te voir et de demander si la sauce de ton plat - dont il te fait la liste des ingrédients - te convient...

Bref, niveau épanouissement, on est à mille années lumière de Paris.



Donc à Vancouver, je n'ai pas vraiment de journée typique - même si souvent ça se termine en pic-nic sur la plage et à prendre mon bus vers minuit et demi.
Sinon je sais pas... par exemple hier j'ai passé une bonne partie de ma journée à envoyer des CVs et lettres de motivation, et quand j'en ai eu marre je suis allée rejoindre une pote dans le Downtown et on est allées à Kitsilano Beach juste pour voir English Bay illuminée le soir.
Aujourd'hui je vous écris cet article - que j'ai commencé hier -, et dès que j'aurais fini, je vais aller à Kitsilano car il y a un festival de music - et je vais aller embêter Seb au boulot mouhahahaha -, puis à 17h je vais assister à un match de roller derby à Richmond, et ensuite je vais revenir dans le Downtown pour probablement finir à la plage - on veut marquer le coup pour Bastille Day, même si en vrai on s'en fiche.
Donc voilà, pas vraiment de journée qui se ressemble. En été y a toujours des choses à faire...

Sinon vous voyez le point rouge là, sur la photo ci-dessous ? Ben c'est où j'habite pour l'instant. Je dis pour l'instant parce que, même si j'adore ma chambre et la maison, je suis un peu loin de mes potes et du Downtown - et à la longue ça va être chiant d'être limitée par les horaires de bus pour rentrer.



Allé, je continue les anecdotes.
Dans la plupart des cafés, pour utiliser les toilettes, les serveurs doivent utiliser un "buzz" ou te donner un code, ça évite à n'importe qui d'y aller - en particulier les gens qui n'ont pas consommé.
Il n'est pas rare de voir un arbre tout en haut d'un building.
Si tu vas sur E. Hastings St., tu vas rencontrer toute la misère de Vancouver. Nan sérieusement, je pense que je vais faire quelques vidéos pour vous montrer à quel point c'est terrible...
Si tu vas à Kitsilano, en général, ça sent la bouffe pour chien. 
Si tu vas dans le Dowtown, tu peux être sûr que ça sent les plantes - aka la weed.
{Petit point drogue : Si tu veux renouveler ta consommation de weed, t'as juste à aller à Canada Day - 1er Juillet -, entre Hornby St. et Burrard St. à l'angle de Georgia St., et là on va te lancer des joints comme si c'étaient des fleurs. Et puis t'as aussi le 4/20, LE jour du cannabis au Canada, où la ville est littéralement noyée sous un nuage de fumée ah ah. Sinon il suffit juste d'aller sur Granville St. et à E. Hastings pour trouver ton bonheur - d'ailleurs à l'angle de E. Hastings et Cambie St. il y a un bar, l'Amsterdam, où tu peux consommer à l'intérieur ta propre weed !
De toute manière, le Cannada et la weed, c'est toute une histoire, puisque tu peux consommer sous l'encadrement de la police à certaines occasions, et que tu peux avoir du cannabis pour "raison médicale"... Je crois même qu'ils sont en négociation pour légaliser la consommation de cannabis dans le pays ah ah. Fin du petit point drogue}
Quand tu rentres dans un magasin qui vend des vélos, tu peux facilement en ressortir avec un début de fibrillation, le prix moyen d'un vélo ici étant de $500.
Faire ses courses à l'arrache n'existe pas. Si tu fais tes courses pour la semaine, tu y vas armé d'un sac de rando et de tous tes muscles dispos - évite le lendemain de soirée quoi -, car tu devras probablement trimballer tes 4L de lait et 4L de jus d'orange... Et comme ici l'eau est dégoutante, ajoutes 4L d'eau sur ta liste de course pour ta semaine, ça te fera les muscles.
Tous les mardis c'est cheap tuesday, donc un peu partout t'as des réductions - genre dans les pizzérias ou même au ciné : $7 la place au lieu de $12.
Tu fais ton programme d'activités en fonction des transports. Si tu dois faire une rando, tu devras probablement aller dans le nord de Vancouver, donc en zone 2, donc tu iras le week-end car les transports sont dézonnés.
Les canadiens sont dingues de sports et de Tim Hortons/Waves Coffee/Blenz Coffee/Starbucks... contradictoire, nan ?! Quand tu marches dans la rue, une personne sur trois - voire deux - a un café dans la main. Quand tu vas à la plage, il y a deux clans qui se forment : ceux qui font du sport - course à pied, vélo, longboard/skateboard, roller, paddle, canoé... -, et ceux qui regardent ceux qui font du sport. Ce genre de clivage a participé à l'invention d'une nouvelle insulte : espèce de sportif !
Je pense qu'un bon 50% de la population vancouveroise est asiatique, et 10% d'entre eux ne font aucun effort pour parler anglais.
...

Enfin bref, ça fait un mois que je suis là donc.
Un mois que je n'ai pas touché une note de piano. Un mois que je n'ai pas mangé de fromage décent ou bu de lait qui ne soit pas de l'eau.
Mais c'est pas grave, parce que Vancouver, c'est beau et c'est chouette ! ==> c'était la phrase résumé de l'article, j'aurais du vous dire de zapper toute la partie d'avant, sorry...

Et pour les trucs à venir :
- Un point sport, parce qu'il y a des choses dont vous n'avez jamais entendu parler en France, et que ça vaut son pesant de cahuètes : paddle, dragon boat & roller derby.
- Une course à poil sur la plage nudiste.
- Un road trip sur l'île de Vancouver : Victoria - Tofino & Ucluelet.
Je pense même vous faire une petite vidéo bientôt - par contre, faudra m'excuser, je n'ai que mon iPhone pour filmer pour l'instant...



Je tiens à dire aussi que je suis désolée de ne pas avoir donné plus de nouvelles que ça ces derniers temps. Je n'avais pas d'ordinateur et j'en avais franchement marre de tout faire depuis mon iPhone.
Donc voilà, I'm sorry, I am ingrate with à peu près tout le monde - y compris les gens qui sont avec moi à Vancouver ah ah. Enfin bref, maintenant j'ai un ordi, donc je posterai plus régulièrement des choses ;)

Des bécots tout le monde !!!!!


mardi 23 avril 2013

Champagne !

En 1919, le 23 avril signait le vote de la loi instituant la journée de travail de 8h et le 1er Mai comme jour férié.
Aujourd'hui, si tu tapes "23 Avril" dans Google et que tu cliques sur la page Wikipedia, tu vas voir qu'il y a un truc magnifique qui se passe : 


Et on est d'accord que si Wikipedia le dit, c'est que c'est 'achement cool ?!

Trève de carabistouilles, on s'en est mangé pas mal dans les dents ces derniers mois, et donc je propose un toast géant, bien mérité. Je pense même que Frigide devrait financer les centaines de cartons de Moët, en guise de dédommagement - on sait tous qu'elle trouve toujours de l'argent pour "les grandes causes"...

Champagne donc pour les futures marié-e-s & champagne pour les futures mamans et les futurs papas !

En revanche, pas de champagne pour toi, cher connard, ni pour toi, cher anonyme. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui je vous laisse souffrir votre défaite. Et si je vous croise dans le métro ou ailleurs, je vous sourirais à la gueule, vous pouvez en être sûrs.

Donc aujourd'hui : champagne !
(Demain on parlera de la PMA et des droits des trans).


mardi 9 avril 2013

Never ending story

I've always loved books. Always.
But for a while now, I was convinced that I would never find the perfect book. There were days I  thought it didn't even exist. And some other days, I sat at my desk and began to write.
Those days were full of hopes, but also questions. I was short talent and patience to write a book, not to mention "the" perfect book. And I didn't know why I cared so much because stories were everywhere, I was surrounded by them... And I could always find comfort in my dreams. So I began to think that the only frontier between exceptional and perfection was control. Books could be pretty exceptional and beautifully written yes, but in my dreams, stories were always better because I had no control over them.

When you write, you have to control your story, because if you don't, nobody will understand, and your characters will be completely drown under your words. And you don't want that to happen, you want your story to be perfect...
But books... they stand between your life and your dreams, between reality and inconscience. You can never be aware of your perfection, unless you're writing while sleeping, but that's impossible. That itself is a never ending story.

The thing is : books are disapointing, more often than sometimes.
So yes, maybe books are not perfect, but words are. You can paint images with words, sometimes better than most artists can with a pen and ink. And even if you can't exactly describe feelings the way you experience them, you still can try.

From this moment, I asked myself one question : why do I write stories ? Why do I love writing ?
And I began to think that writing - telling stories - was not about perfection, that I had to let go of this idea that perfect was what it was all about. In reality, it was about connection. It was about relationships and, more often than sometimes, about love.

Writing was easy for me, well not easy but natural at least. Writing was nice, but what was not easy at all was to sit at my desk to write. Because writing was not about perfection and control anymore, it implied to let go ; and the biggest fear of my life was the idea that I would never be able to find love.
See, love was an ideal concept for me, something to achieve in order to be happy. Love, like stories, was everywhere in pictures, movies, books, other people's lives... but not in mine. So I tried to convince myself that love didn't exist, because love had to be perfect. At least true love.

But what I failed to notice at the time was that love was also about letting go...

And to this day, this is the never ending story number one in my life.


mardi 2 avril 2013

Cher "anonyme",

je comprends ta volonté de garder l'anonymat, je l'ai moi aussi souhaité il y a quelques années, n'étant pas sûre de qui j'étais, et pas tellement sûre non plus de comment les autres m'accueilleraient s'ils le savaient. Nous avons donc quelque chose en commun, c'est déjà ça.

Cher anonyme, tu m'as parlé de beaucoup de choses, aussi vais-je m'efforcer de tout aborder ouvertement, en essayant de ne rien oublier - pardonne-moi si c'est le cas, je suis assez distraite quelques fois.

Cher anonyme, avant toute chose, j'ai d'abord une question à te poser : en quoi suis-je condescendante ? Je n'ai pas l'impression d'être supérieure, ni d'être bienveillante, d'ailleurs. Je sais bien qu'il y a des nuances à effectuer, et que tout le monde n'est pas homophobe. 
Cher anonyme, quand tu me dis "Quand tu insinues que l'opposant à la loi est fasciste, je trouve que c'est une insulte à tous ceux qui l'ont vécu (le vrai).", il me semble qu'avant d'écrire tu devrais discerner la définition de la référence historique. Ensuite je n'ai parlé que de certains points qui évoquent le fascisme - j'ai volontairement évité de parler de sa connotation au rejet des institutions démocratiques et libérales et de l'inspiration au nazisme - car ça n'a pas sa place ici. De plus, je suis loin de dire que tous les opposants à la loi sont fascistes ; en revanche, je ré-affirme que certains propos qui sont tenus sont borderline sur la définition que je fais du fascisme, oui - cela dit, je te laisse consulter le dictionnaire, c'est un ouvrage très intéressant.
Cher anonyme, je souhaite également éclaircir un point : j'assume volontiers mon petit côté injurieux, j'en suis même assez fière. Ça me soulage d'écrire "connard", et puis, au vu de tous les propos - beaucoup plus injurieux - que l'on s'est gentiment pris dans les dents ces derniers temps, je suppose que j'ai le droit d'écrire ce que je pense, en prenant un peu moins de pincettes que d'habitude. Oui, j'estime que j'ai au moins ce droit là.

Cher anonyme, je ne suis pas surprise que tu sois assez mitigé quant au contenu de ma précédente lettre. Tu sais, je ne prétends pas parler au nom de la communauté gay et lesbienne toute entière puisque je suis, comme on dit, hors milieu. Je parle pour moi, simplement, et pas au nom d'une "passion" autour de ce débat.

Tu sais, ça ne me plait pas tellement de devoir revendiquer mon orientation sexuelle pour justifier mon droit à l'égalité. J'aurais préféré rester dans mon petit coin, à pencher sur l'écriture de mon nouveau scénar' plutôt que de prêter mes mots à un dialogue que je sais d'avance vain : celui de répondre à tes frustrations et questionnements, et à ton ignorance et tes jugements conservateurs bourrés de préjugés. Mais voilà, il se trouve que ça me soulage d'écrire tout ça. Je ventile. Je ne peux pas faire autrement qu'écrire sur ce sujet, car à chaque fois que j'entends des phrases du type "si on détruit la famille, il n'y a plus de repères, il n'y a plus rien", c'est un petit bout de moi dont on s'empare. J'écris pour essayer de recoller les morceaux.

Cher anonyme, tu dis que Frigide Barjot fait parti des extrémistes. Je ne suis pas d'accord. Pour moi, les extrémistes/intégristes sont des gens de chez Alliance Vita et Civitas - pour ne citer qu'eux - ; et Frigide Barjot fait parti - puisqu'il faut mettre les gens dans des cases - de ces gens condescendants justement, qui disent qu'il n'ont rien contre les homos, mais que le mariage c'est entre un homme et une femme, et qu'on ne ment pas aux enfants. La contradiction même.

Cher anonyme, tu dis que la France va mal, et je suis d'accord, même si je trouve que ça veut à la fois tout et ne rien dire, que c'est un terme général qu'on emploie depuis des années. Bref.
La France va mal, mais la France est avant tout un pays avec une diversité culturelle, sociale, politique, économique, sexuelle... Un pays n'est pas représenté que par une majorité. Si c'était le cas, combien de lois/décrets/réformes le gouvernement ne ferait pas passer ? Si c'était le cas, il n'y aurait pas de réforme concernant l'éducation par exemple, puisque les enfants sont moins nombreux que les adultes... C'est ridicule comme système de pensée, et pour reprendre tes mots : "primaire et réducteur". 

De la même façon, cher anonyme, tu me sors l'argument du "il y a 0,6% de la population française qui est gay, donc pourquoi céder à leur caprice et leur accorder le mariage ?". Un caprice étant un désir irréfléchi et passager, je pense qu'on va mettre les choses au clair en assurant qu'ici, ce n'est pas le cas. Pour ce qui est de ton pourcentage sorti de je ne sais où, et qui veut tout bonnement dire qu'on ne devrait pas céder à la volonté d'une minorité... je vais me permettre une comparaison moyenne : il y a eu 15 757 violences sexuelles en 2012* - 6372 viols et 9385 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles -, c'est beaucoup moins que l'ensemble de la population française, il s'agit donc d'une minorité : doit-on céder à leur "caprice" et leur accorder justice ? Un autre exemple, orienté autrement puisque tu insistes : le mariage mixte n'a été inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme qu'en 1948**. Avant cela, si on remonte à 1778, les mariages mixtes étaient interdis en France - par le Code Noir dans les colonies, et par les lois anti juives sous le régime de Vichy***. Aujourd'hui il y a 27% de mariages mixtes et la civilisation française n'est pas perdue. La configuration est la même : avant c'était une angoisse, une peur du métissage et des législations racistes, aujourd'hui c'est le rejet de l'homosexualité - car étant contre-nature -, et donc l'exclusion des familles homoparentales.
"C'est pas un mouvement contre eux, c'est un mouvement pour la famille."
"On est 68 millions de français, c'est pas 100 000 personnes qui peuvent imposer, et que le gouvernement veuille imposer une loi pour une petite partie de la population des électeurs..."
"Si ça touche 500 personnes, ça me semble un bouleversement national qui est sans commune mesure avec ce qui doit être fait."
==> Citations prises dans une vidéo de Territoire Inexploré : ICI

Dans cette vidéo, on retrouve plein d'autres bonnes choses - ironie -, cher anonyme, des choses dont toi aussi tu m'as parlé. Tu m'as dit : "Quand je vois le peuple français se déchirer et se lancer dans une mini-guérilla pour le mariage gay, alors qu'à côté ça va faire un an jour pour jour que je n'ai pas retrouvé de travail malgré mes nombreuses tentatives, et que je n'ai seulement 20 ans, que je galère à partir du 10 du mois pour manger, je déteste un peu plus la France." À ça je vais te répondre une chose : l'égalité est très importante dans notre société, au même titre que tout le reste. Et il n'y a pas de hiérarchisation à faire, sous prétexte que cette loi ne concerne qu'une minorité. Ce n'est pas moins un soucis majeur que le taux de chômage ou l'augmentation du prix de l'essence. Alors d'accord, ça ne changera peut-être pas ta vie, mais ça changera la mienne. Ce n'est pas de l'égoïsme, il faut s'occuper de tout le monde - dois-je encore rappeler qu'il y avait le même type de débat virulent quand il a été question du mariage mixte, également minoritaire à l'époque - comme c'est encore le cas aujourd'hui ? De plus, le peuple s'intéresse à ce "débat" via la médiatisation qui en est faite. Il ne faut pas avoir fait Math' Sup' pour savoir que les médias manipulent et montrent ce qu'ils veulent montrer, selon la politique de la chaîne pour laquelle ils travaillent. Si le peuple se "monte le bourrichon", c'est en partie à cause de ça. Mais pas que... car certes, on ne contrôle pas ce qu'il y a à la télévision, mais on peut choisir l'orientation de ces informations. Je n'ai pas la télévision chez moi, et je ne m'en porte pas plus mal. Et surtout, je pense par moi-même en pesant les faits, et les incidences que ça va avoir sur ma vie et celles des autres - dans ce cas précis : aucunes.
Et d'un autre côté, ce n'est pas parce qu'il te semble que les médias ne parlent pas d'autres choses - de l'augmentation du chômage chez les jeunes, pour suivre ton exemple -, que rien n'évolue de ce côté-là. Tout prend du temps, même la loi sur le mariage pour tous n'a pas été pondue en un jour !
"Les gens sont pas contents du gouvernement. Trop de chômage, pas de boulot... Les gens disent qu'il y a d'autres lois à faire en ce moment qu'une loi comme ça, alors qu'il y a d'autres problèmes en France."
Ahem. Le peuple français se compose de gens différents et, là encore au risque de te/vous surprendre, même parmi les homos il y a des gens pauvres et au chômage. Cela ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas se marier et avoir des enfants...

Cher anonyme, tu m'as parlé de religion également. Et tu n'es pas le seul :
"Là, en ce moment, le Parti Socialiste humilie tous les chrétiens. (...) C'est grave d'humilier un peuple, c'est très grave. (...) Faut pas avoir honte d'être français,. La France dans les colonies elle a fait plein de belles choses."
Bon ça tombe bien que j'aie déjà parlé du Code Noir dis donc... Pis ça tombe bien que tu me parles d'humiliation madame, parce que ça faisait des mois que j'avais ce mot-là sur le bout de la langue, et que je n'arrivais pas à le sortir. Merci.
Restent les arguments religieux, donc. Au risque de te décevoir, cher anonyme, je suis athée, c'est à dire que je ne crois pas en dieu. J'ai d'ailleurs beaucoup de difficultés à comprendre que l'on puisse dicter sa vie sur des principes religieux. Bref. Je ne vais donc pas te surprendre si je te dis que les arguments religieux sont, pour moi, amusants. Quand tu dis "(...) je vois fleurir sur des pages FB et autres Twitters, des passages de la bible tels que "aimez-vous les uns, les autres" et autre blabla religieux de la part des pour. L'air de dire "t'as vu, ton Dieu te dit m'aimer". Allez-y, citez aussi les passages qui condamnent fermement l'homosexualité, et vous comprendrez pourquoi ils obéissent à leurs Dieux.", ça n'a pas de saveur à mes yeux. Je suis assez terre-à-terre en ce qui concerne de la religion, je suis parfaitement en accord avec la théorie Darwinienne de l'évolution. Je n'ai pas besoin d'une instance supérieure pour savoir que je ne dois pas tuer quelqu'un, ni faire le bien... le vendredi je ne mange pas de poisson - je suis végétarienne... OH MON DIEU, UN CLICHÉ !! - , et le dimanche je préfère glander grassement dans mon lit plutôt que de me pointer à l'église pour la messe. Que veux-tu, je fais parti de ces gens qui pensent que le lit est le meilleur ami de l'homme - et pas seulement parce que je peux dormir dedans... mais je m'éloigne du sujet, pardon.
Croire ou ne pas croire en dieu est un choix. C'est un choix qui n'est pas partagé par tout le monde, et surtout, la France est un pays laïc. Les arguments religieux, lorsqu'ils sont trop radicaux, ne sont pas tellement recevables. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent pas être entendus, mais lorsqu'ils prêchent le rejet de l'autre, les entendre devient un peu plus difficile.
Les gens qui croient en dieu pensent qu'on les diabolise, qu'on les ridiculise ou je ne sais quoi encore, alors qu'en réalité c'est un débat qui n'a pas lieu d'être puisque c'est une loi sur du juridique. Il s'agit du mariage civil, pas du mariage religieux nom d'un petit boulon des neiges !

D'une manière générale, cher anonyme, l'opposition se pose en victime autant qu'elle croit que c'est ce que nous faisons. Plus simplement, elle chouine, elle tape du pied, elle n'est pas contente parce qu'elle pense qu'on ne devrait pas réclamer. Parce que si on réclame la même chose, ça veut dire qu'on est sur un même pied d'égalité. Et ça, elle n'aime pas. Alors elle piétine les rues, forçant les barrages de CRS à coups de "y a une grande convivialité, tout le monde dit la même chose, tout le monde pense la même chose", de "y a des choses auxquelles on croit, qui on fait toute ma vie, et on les défend", et de "on n'est pas du tout homophobes".

Cher anonyme, tu dis que tu veux te tirer de la France car elle régresse... Permets-moi d'être étonnée, car dire que la France régresse alors qu'elle est en train de mettre en place l'égalité pour tous me paraît  bien curieux.

Cher anonyme, je n'ai aucun scrupule à écrire ce que j'écris, à exposer mon point de vue de cette manière. On ne peut pas se laisser écraser tout le temps, c'est lassant, à force.
Et puis, les minorités ont le droit de s'exprimer, ou de ne pas le faire d'ailleurs. Les riches n'en ont rien à faire du taux de chômage qui augmente puisque ça ne change pas leur vie, et ils ne s'en mêlent pas ; nous, nous voulons juste bénéficier des mêmes droits que ceux des hétéros. Ce n'est pas dramatique, et c'est dommage que ça le devienne pour certaines personnes. Pour autant, ça ne veut pas dire que l'on va s'arrêter de vouloir ces droits. S'exprimer est un choix, il faut juste avoir des - bons - arguments, et ne pas tout mélanger. Je trouve que les opposants au mariage pour tous ont de terribles arguments, et sont beaucoup trop virulents pour quelque chose qui ne les concerne pas.

Cher anonyme, je suis amère moi aussi, il ne devrait pas y avoir de camp à choisir. Le fait même qu'il y en ai, prouve que nous ne sommes pas tous égaux en droits.
Cher anonyme, tu m'écris "Le camp des 'pour' se transforme petit à petit en personnes irrespectueuses, cherchant la moindre petite broutille pour insulter ceux d'en face. Au final, une bonne partie des homosexuels ne sont pas plus tolérants que ceux qui sont anti ou homophobes." 
Alors qu'on récapitule, parce que mon cerval a du mal à l'encaisser celle-là : tu es en train de me dire que c'est nous qui sommes irrespectueux, quand des gens - de parfaits inconnus, mais aussi des politiciens - se permettent de décortiquer nos aspirations, l'éducation de nos enfants - qui existent déjà -, et encore mieux, la légitimité de nos familles ? Tu vas oser me dire ça, à moi ?!
Un point sur les insultes, veux-tu. J'en suis fervente, je ne m'en cache pas - même si j'ai été très soft jusque là avec mon petit "connard" -, mais il ne faut pas non plus me prendre pour une idiote en me faisant avaler des couleuvres pareilles. Les insultes, c'est nous qui les encaissons depuis un petit bout de temps déjà. Je me souviens que le "On veut du sexe, pas du genre" a eu du mal à passer pendant quelques jours - et il reste toujours bloqué près de ma glotte, à côté de "Non à l'homofolie" et de "La France a besoin d'enfants, pas d'homosexuels". Sans parler des slogans du type "Zéro maman, c'est déprimant" ou encore "Papa + maman, y a pas mieux pour élever un enfant" qui peuvent être dévastateurs pour des enfants issus de familles monoparentales, entre autres. Et puis si rien de tout ça ne suffit, on n'oublie pas non plus que, selon le GUD, on n'est rien qu'une bande d'enfilés (ICI)... M'enfin bref, s'il faut tout prendre en compte alors... ça donne mal au crâne, ça donne l'impression que c'est compliqué tout ça, et du coup il vaut mieux dire que le camp de 'pour' cherche la moindre petite broutille pour insulter ceux d'en face. Tu as raison, comme ça, ça règle tout...

Par contre, je me pose quand même une petite question, cher anonyme : est-ce qu'il t'arrive de réfléchir ?
Je veux dire, combien de conneries vas-tu encore me sortir ? Combien de fois vas-tu déployer devant moi tes cargaisons d'arguments sordides et bancales pour couvrir ton homophobie ?
Et moi, combien de temps encore crois-tu que je vais te laisser m'inférioriser comme ça ?

Cordialement,

Julia.


PS : Vous pouvez écouter un billet d'humeur concernant la radicalisation des opposants au mariage pour tous, chez France Culture : ICI




* page 12 du bulletin de l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales publié le 18 janvier 2013 par l'INHESJ : ICI
** art. 16-1 : "À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité et ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution."
*** Etude des couples mixtes à travers le temps par Gabrielle Varro du CNRS pour l'EFG : ICI

mardi 26 mars 2013

Cher connard de 25 ans,

Je me permets de t'appeler connard parce que vois-tu, je juge les gens par leurs actions. Je ne peux pas m'en empêcher, c'est comme ça. Mais attention, quand je dis que tu es un connard, je le pense vraiment. Pas de demi-mesure dans mes propos, non, non, je dirais même que tu es un connard de qualité supérieure. Pas le connard de base donc, mais plutôt le connard première classe, le plus mauvais de tous. 

Pardon, avant de reprendre mes insultes, j'aimerai me présenter. Je m'appelle Julia, j'ai 25 ans moi aussi, et il se trouve que j'aime les filles. Enfin les femmes maintenant, je suis grande.
Donc voilà, j'écris ce petit billet, tout d'abord parce que j'adore écrire, ensuite parce que j'aime écrire sur ce qui me touche, et enfin parce que ça me permet de soulager ma conscience.

Ou en étais-je ? Ah oui. Connard.
Il faut que tu saches que ceci n'est pas vraiment une attaque personnelle, vois-le plutôt comme une attaque contre ce que tu représentes. 

Tu as donc 25 ans, tu es prêt à rentrer dans l'âge adulte, tu tombes les filles - puisqu'il est évident que tu n'aimes pas les garçons -, tu as ce petit rictus au coin des lèvres, cette nonchalance qui fait de toi quelqu'un de confiant. Pourtant vois-tu, moi qui ai le même âge que toi, j'ai envie de te l'arracher ce petit rictus, et d'aller le coller à la matraque des CRS à qui tu as souri en chantant la Marseillaise ce dimanche 24 Mars.
Cher connard, vous voir toi et ta petite bande copains-connards provoque chez moi la même réaction que les gens qui ont oublié l'existence du Bescherelle : une envie soudaine de vous jeter par la fenêtre du 5ème étage de mon immeuble. Pour que ça vous fasse autant de mal qu'à moi.

Cher connard, je pourrais te trouver des excuses. Peut-être as-tu toi-même servi de bouclier dans une manif quand tu avais 4 ans, oui peut-être que lors de cette dite manif' tes parents aussi ont scandé "on va mettre les enfants devant" lorsque les CRS ont sorti leurs bombes lacrimo. Peut-être que ça t'a retourné le cerveau et qu'aujourd'hui ça réveille en toi une douleur jusqu'alors insoupçonnée. Peut-être que tu as été élevé dans un environnement strict, que tu as entendu toute ta vie que les pédés sont des dégénérés, qu'ils ne devraient pas exister. Peut-être que ça bourdonne encore dans ta tête lorsque tu fermes les yeux le soir avant de t'endormir...
Mais tu as 25 ans. Tu as reçu une éducation, tu as lu des livres, tu as aussi certainement déjà fumé des joints en soirée, tu as déjà embrassé une fille que tu ne connaissais pas en boîte, tu as eu des discussions sérieuses à 2h du mat' et des fou rires juste après, tu trouves que le viol c'est dégueulasse, et que les gens profitent du système. Bref, tu as 25 ans, et tu as un cerveau avec des neurones qui fonctionnent parfaitement bien à l'intérieur. Pourtant tu t'évertues à reproduire un schéma discriminatoire et conservateur que tes parents eux-mêmes ont probablement reproduis. 

Tu es intelligent mais tu ne réfléchis pas. C'est ce qui fait de toi le pire des connards.
Et tu es un connard capricieux car tu hurles quand on te dit ce que l'on pense de toi. Je te disais homophobe, mais maintenant je crois que c'est pire que ça. 
Laisse-moi te dire ce que tu représentes pour moi : il y a un terme qui rappelle tout mouvement politique ou organisation s'appuyant sur un pouvoir fort au service d'une classe humaine dominante, la persécution d'une classe ennemie chargée de tous les maux, l'exaltation du sentiment nationaliste (on va laisser ça à Civitas, mais bon, j'ai un p'tit doute quand même), la répression de l'opposition, et j'en passe. Ca ne te rappelle rien ?! Moi si, le fascisme. 

Tu penses peut-être que je vais trop loin ?! Moi je pense que c'est toi qui va trop loin. Après tout, tu nous colles bien des étiquettes, tu scandes bien des slogans qui me hérissent les poils... pourquoi ne devrais-je donc pas essayer de mettre des mots ou une définition sur les motivations réelles de tes actes ?

Tu as 25 ans et tu es fier de militer, probablement que tu ne l'avais jamais fait avant. C'est vrai, on a l'impression d'être fort quand on marche dans la rue, de faire ce qui est juste, d'être libre presque...
Mais tu sais, cher connard, je vais te dire un truc.
J'ai 25 ans, et si je n'aimais pas les filles, j'aurais quand même un meilleur ami qui aime les garçons, un cousin qui ne sait pas encore vraiment qui il aime, et des tas d'amis qui aiment qui il leur semble bon d'aimer... Je vais peut-être te surprendre, mais les homos ont toujours existé, et ce n'est pas parce qu'ils vont enfin pouvoir se marier et avoir des enfants qu'ils vont être plus nombreux et que leurs enfants vont être comme eux et former une armée pour détruire notre civilisation. Si tu penses ça, cher connard, c'est que tu es encore moins intelligent que je ne le pensais.
Tu sais, cher connard, je ne te comprends pas. J'essaye pourtant. J'essaye de saisir pourquoi tu n'utilises pas tes neurones, pourquoi tu défiles dans la rue contre quelque chose que visiblement tu ne comprends pas, puisque tu penses qu'être homo est un choix. Et apparemment tu penses aussi que ton orientation sexuelle est plus digne qu'une autre. Tu as le même âge que moi et tu me fais honte. Parce que tu hiérarchises. Parce que tu méprises. Parce que tu véhicules un message de haine et d'inégalité. Parce que tu chantes la Marseillaise alors que tu bafoues les valeurs de la République, celle-là même dans laquelle tu es né.

Une dernière chose pour toi, connard : le terme connard est une insulte désignant quelqu'un qui se comporte de façon déplaisante ou déplacée par manque d'intelligence, de savoir-vivre ou de scrupules.
Ca, c'est un choix !

Cordialement,

Julia.


mercredi 16 janvier 2013

Cher papa,

je vais bien, merci.
J'ai laissé passer deux jours avant d'écrire ce billet, et aujourd'hui je ne tiens plus.

Cher papa, le fait que l'on ne parle jamais d'homosexualité, que tu me demandes timidement une fois par an si j'ai une copine ne me dérange plus depuis longtemps. Après tout, ce ne sont pas tes affaires. J'ai aussi fini par m'habituer à ces silences désagréables, et c'est même presque devenu un plaisir que de ne plus te parler comme avant.

Cher papa, je sais que tu regardes religieusement les informations, tu n'as donc pas pu passer à côté de la Manif' pour tous et du cortège de Civitas.
Cher papa, tu n'hésites pas à afficher ton mécontentement quand je ne te souhaite pas la bonne année le 1er alors que je te vois le 2, mais lorsque ta fille se fait diaboliser par plus de 600 000 français, tu ne dis rien. Tu choisis bien tes batailles...

Cher papa, aujourd'hui ton silence est insoutenable.
Tu es un parent, tu as une fille lesbienne qui non seulement se voit refuser des droits que tu possèdes déjà, mais qui est massivement et publiquement remise à la place qu'elle a depuis trop longtemps : cet être inférieur aux hétérosexuel-le-s.

Cher papa, tu n'as pas l'air de comprendre l'importance de ce combat pour l'égalité et l'impact qu'une telle loi peut avoir sur ma vie.
Cher papa, je dis que tu n'as pas l'air de comprendre car si c'était le cas, la moindre des choses aurait été que tu prennes de mes nouvelles. Je suis certaine que tu ne te doutes pas un seul instant de tout ce que l'on dit sur les gens comme moi depuis plusieurs semaines. Ou bien tu te persuades sûrement que je suis une jeune femme forte et que cela ne m'atteint pas.
Cher papa, je constate chaque jour avec regret que tu ne me connais pas.

Cher papa, je ne vais pas bien, merci.
Je voulais juste te dire que tu es un bon père, mais pas un bon papa.

mardi 9 octobre 2012

Pour soi.

J'ai quelques fois (souvent) l'impression de faire les choses pour faire plaisir aux autres. 

Quand je fais quelque chose pour moi, quand un projet commence à se concrétiser, je jubile dans mon coin pendant quelques jours, et je médite ensuite sur le fait de partager mon excitation avec mes proches. Mais au final, amis ou famille, je suis toujours déçue par leur réaction. C'est inévitable.

Alors autant se taire, et vivre ses petites victoires pour soi. 


jeudi 22 décembre 2011

Les "must see"



Catégorie Livres

Steven Pressfield - The war of art ♥
Tess Gerritsen - The surgeon ♥
Yasmina Reza - Théâtre (surtout la pièce "Art") ♥
Walter Murch - En un clin d'oeil
Roal Dahl - Mathilda ♥

Catégorie Noël

Improv everywhere - Mall Santa musical : ICI
JMO - White Christmas : ICI
Daily Grace - How to decorate for the holidays : ICI ♥

Catégorie Castle

Half0utloud - Sit & Listen : ICI
Half0utloud - It's like a fever : ICI
Touchstone HQ/IrmaArdeen1 - She visits me : ICI ♥
ekc293 - Does this darkness have a name ? : ICI ♥
PmoreAndMore - Dropped : ICI
NcisEyesOnly - Human : ICI
TappinCastlefan - Arms : ICI

Catégorie MUSIQUE


- Original :
Alela Diane - The Pirate's gospel : ICI
Dolly Parton - Better get to livin' : ICI ♥
Concrete Blonde - Tomorrow Wendy : ICI ♥
Aloe Blacc - I need a dollar : ICI
Jinja Safari - Hiccups : ICI ♥
Devendra Banhart - Some people ride the wave : ICI ♥
Pomplamoose - Bust your knee caps : ICI

- Cover :
Birdy - The 'A' Team (Ed Sheeran) : ICI ♥
Kimbra - Plain gold ring (Nina Simone) : ICI ♥

Catégorie X Factor/Idol

Mash up American Idol 2011 : ICI et ICI
Anna Graceman (11 ans) - If I ain't got you : ICI
Mash up X factor Holland 2011 : ICI
Drew - Billie Jean : ICI ♥
Rachel Grow (13 ans) - I'd rather be blind : ICI ♥
Amelia Lily - Piece of my heart : ICI

Catégorie HUMOUR

Le compte de Bouderbala - Le mariage d'un rappeur : ICI ♥
Constance - Kretelle : ICI ♥
Florent Peyre - Un handicapé est allé voir Intouchable au cinéma : ICI
Sarah Silverman - Comic relief 2006 : ICI ♥
WongFuProductions - Kung Fooled : ICI
Jack Whitehall - Live at the Apollo : ICI ♥
Lenny Henry - Live at the Apollo : ICI ♥
Jimeoin - Comedy Roadshow : ICI ♥